mercredi 18 novembre 2020

Mes coups de coeur 2020 : un résumé avant les cadeaux ?

Avant de parler du tout dernier exclusif de Chanel, Le Lion, qui arrive actuellement dans les boutiques  Chanel, je voulais faire un petit retour en arrière sur les parfums que j'ai aimé durant cette triste année. Heureusement, coté parfums, cette année a été plutôt belle et je me dis qu'en parler en Novembre peut peut-être vous inspirer pour les cadeaux de Noel. 

Le Lion - Chanel : Décembre 2020

L'Eau d'Initié - Exemplaire : sorti en 2017 mais découvert en Novembre 2020

Erotic Me, Genius Me - Paco Rabanne Pacollection : sortis en 2019 mais découverts chez Sephora Champs Elysées en Octobre 2020. 

Parade, La Peau Nue, L'Eau de Californie - Céline : sortis en 2019 mais découverts à la boutique Céline parfums en Octobre 2020

Aimez Moi Comme je Suis - Caron : Septembre 2020

Nuit de Feu - Louis Vuitton : Mai 2020

Pur Magnolia - Cartier : Mai 2020

Narciso Ambrée - Narciso Rodriguez : Mai 2020

L'Homme Idéal Extrême - Guerlain : Mai 2020

Pour ceux dont j'ai déjà parlé, retrouvez les articles sur ce blog (fenêtre "rechercher dans ce blog" sur le coté). Seuls trois parfums nommés ici n'ont pas été évoqués dans mes articles, mais ils le seront très bientôt. Alors, inspirant ce palmarès ? 

Illustration : London Street under snow. 

vendredi 13 novembre 2020

Hortus Sanitatis - The Alchemist Garden par Gucci 2020 : dans le jardin du bien et du mal.


Hortus Sanitatis se traduit par  "le jardin de la santé", mais vu l'univers dans lequel il m'envoie, j'aime à me dire que cela peut aussi vouloir dire "en odeur de sainteté" ou "le lieu où l'on est protégé". 

Il faut bien l'avouer, même si je garde un certain enthousiasme sur les nouveautés du moment et que j'arrive à me laisser surprendre là où je  ne m'y attendais par forcément, rares sont les parfums qui me fascinent. Hortus Sanitatis est un de ceux là. 

Puissant, troublant, énigmatique, déroutant au premier abords, quand on le porte, il s'accroche littéralement à la peau pour se fondre à elle et développer l'une de ses facettes. Mais laquelle ressortira sur vous ? Une seule, toutes, tout un mystère à explorer ?

Sur moi, Hortus Sanitatis développe en premier lieu des notes d'œillet, de violette et d'iris, avec des nuances de fruits jaunes comme la pêche et l'abricot, et une pointe de rhubarbe fusante. Cette envolée est très vite happées par le cuir, fumé et tanné, assez mat, qui vient chevaucher ces fleurs et ces fruits pour les envelopper. Le cypriol et l'ambrinol jouent de concert pour évoquer à la fois le bois mouillé d'un papyrus et l'ambre gris, et se collent à la peau pour enrober le tout. 


Ce parfum me projette à la frontière du bien et du mal, tout comme l'œillet dont on dit qu'il peut porter malheur, mais dont la fleur est jolie et colorée et dont l'odeur est délicate et délicieuse. Un univers "à la Spadino" dans Suburra à la fois baroque, chargé, lourd, mais esthétique et travaillé. L'univers d'un lieu où l'on est en sécurité dans un monde extérieur incertain et dangereux. Un univers qui fait partie de la culture italienne, comme Gucci, et que ce parfum transporte avec lui. 

Hortus Sanitatis est pour moi divinement fascinant, vraiment attachant et diablement sulfureux. Il fait partie de ces parfums qui décident eux même de qui les porte. Il vous aime ou vous déteste, et vous c'est pareil : soit vous vous laisser charmer, soit vous rejetez complétement. Devinez de quel coté je suis ? Si en plus vous le combinez avec l'huile de parfum Nocturnal Whisper, il se pose, se calme et dévoilera ses facettes de manière plus douce : une autre façon de se parfumer, presqu'un rituel, mais de haute voltige ! 

Illustrations : The Alchemist Garden par Gucci et série italienne Suburra sur Netflix. 

samedi 7 novembre 2020

Parade - Céline 2019 : l'élégance en clair obscur.


Comme je le disais dans l'article précédent, ce que j'aime en parfumerie, c'est être surpris. Soit par la créativité et l'originalité de la création, soit par la qualité. Mais il y a une sensation que j'aime vraiment, beaucoup, c'est quand un parfum qui ne m'a pas forcement marqué au premier nez ou sur touche me fait chavirer au porté. Parade est ce ceux là !

Lorsque j'ai découvert les parfums Céline, nous avons commencé par le plus "calme", en allant vers les plus sulfureux, tels qu'ils étaient exposés sur le comptoir. Présenté comme une Cologne, j'entre dans le parfum par la facette fraîche et il ne m'emballe pas forcement, et je me laisse porter par la découverte de la gamme. Peau Nue me parait être le plus "Céline" de tous, Black Tie fait très "Hédi Slimane", Nightclubbing me plait mais la vanille ressort trop sur ma peau. J'aime beaucoup Reptile, et l'Eau de Californie, mais je dois encore les apprivoiser. La grosse surprise, c'est Parade. Lumineux, chatoyant, il montre immédiatement son élégance. Envolé digne d'une belle Cologne, comme c'est une eau de parfum, je me laisse surprendre par l'évolution sur ma peau, où le néroli et le jasmin donnent du coeur et de la structure au parfum, avec un effet scintillant qui ne tombe pas dans la caricature des fleurs d'oranger "classiques" qui pullulent en ce moment. 

L'Hédione, proche du jasmin, contribue largement à cet effet, donne de la finesse au sillage et permet de faire un lien en clair-obscur avec les notes de fonds, plus sombres et mystérieuses. On se retrouve dans les sous bois, avec de la mousse d'arbre et des muscs duveteux qui donnent de la tenue et permettent au parfum de garder de la tenue et une certaine harmonie. Parade me fait penser à Un Jardin sur la Lagune en moins "bois ambrés" ou a Néroli Outre Noir en plus fin, ces eaux de parfums modernes qui partent d'une structure Cologne qui serait passée à travers le temps pour s'épaissir, se patiner, tout en maintenant une certaine légèreté et une belle élégance. En attendant de tester Cologne Française, Parade est celui que j'ai choisi, parce qu'il a su me surprendre très agréablement et constitue par les temps qui courent, une belle parade à la morosité ambiante !   

Et vous, avez vous déjà eu ce type d'expérience d'un parfum qui a su vous surprendre alors que vous ne vous y attendiez pas ? 

Illustrations : mon flacon de Parade, Jean Baptiste Huong série Maison du Paradis, et merci à Charlie et Anthony pour leur accueil, leur patience, leur professionnalisme et leur enthousiasme. 

mercredi 4 novembre 2020

Erotic Me - Paco Rabanne 2019 : on se fait si bien du mal !

Ce que j'aime par dessus tout en parfumerie, c'est être surpris, et ce que l'on peut souligner chez Paco Rabanne, c'est qu'ils osent bousculer les codes jusqu'à proposer d'autres façons de se parfumer, des packagings disruptifs et des accords qui se remarquent. La Pacollection, ce sont six parfums étonnants, plutôt créatifs, qui s'aventurent sur des territoires plus ou moins connus, mais non sans audace et désinvolture.  

Celui qui retient mon attention en tout premier lieu est Erotic Me, tout simplement parce que c'est celui que je trouve le plus innovant et qui provoque cette sensation que j'aime beaucoup : "je n'ai jamais senti cela !" Une note de lait concentré sucré crémeuse et onctueuse, relevée de notes florales abricotées légèrement vertes qui sur peau vont évoluer vers des notes douces de cuir souple, de velours, de lait, de son de riz et de bois lactés, dont certaines inflexions fleurtent vers le fond chaud d'un Femme de Rochas. On parle aussi d'encens et d'épices, peut-être le cumin d'ailleurs, mais je ne les sens pas trop. Ces notes sont sans doute utilisées de manière technique pour structurer l'ensemble et contribuer à cette sensation gourmande et laiteuse. Le parfum reste assez constant, décontracté, facile à porter, jamais trop envahissant selon moi et finalement très peau.  

Un parfum cool, rock, parfaitement dans son temps, et qui a le mérite de proposer autre chose. Sorte de fleur du mal, de transgression qui fait du bien, car des vibrations érotiques émanent de son sillage. Erotic Me, vous voilà prévenus ! 

On se fait si bien du mal : Hervé

Illustrations : David Lachapelle, Paco Rabanne. 

jeudi 29 octobre 2020

A lire bientôt, car nous aurons du temps.

Bonsoir à tous, alors que se confirme un nouvel isolement, je vous propose un avant goût de ce que je découvre actuellement pour continuer à alimenter mes articles. Sans encore vraiment savoir sur quels parfums ceux-ci porteront ni dans quel ordre, des marques retiennent mon attention : Paco Rabanne et la Pacollection, les parfums Céline, Zoologist, Exemplaire, Montale et peut-être Serge Lutens.

A très bientôt, peut-être même dès demain. En attendant, essayez de rester positifs, en lien avec vos proches et ne vous oubliez pas, courage ! 

Illustration : Cindy Sherman, actuellement exposée à la fondation Louis Vuitton, mais ... 

mercredi 14 octobre 2020

Totally White - Parle moi de Parfum : like Emily in Paris.

Quoi qu'il en soit dans l'imaginaire américain, pour avoir fait un parcours sur les traces d'Emily in Paris, ce Paris qui sent bon, où l'on est habillé à la mode, ce Paris où l'on bosse dans la mode ou le marketing, ce Paris où les rues sont propres, où les boutiques sont élégantes, où les arbres sont garnis de feuilles généreuses, ce Paris où l'on boit du vin au verre à la terrasse d'un restaurant en twittant sur Insta, ce Paris où l'on se délecte de croissants achetés à la boulangerie à la façade délicieusement rétro existe bien : sans doute entre le Panthéon et les Invalides, un peu dans certains coins de Montmartre, quelque part du coté du marché des enfants rouges, mais beaucoup moins à Château Rouge ou vers chez moi. Ce Paris idéalisé m'a pourtant parlé de parfum et puisqu'il se conjugue avec la découverte de la marque Parle Moi de Parfum, vers laquelle j'ai mis du temps à aller car elle me rappelait trop mon envie de travailler chez Robertet à une époque où je voulais faire de la création mon métier. Découverte en même temps que la série, l'idée de faire un parallèle entre les deux m'a rapidement traversé l'esprit et c'est avec Totally White que je commence.  

C'est en portant ce parfum que j'ai effectué le parcours d'Emily, et j'avoue que boire un café place Monge entouré de chèvrefeuille, de lilas, de glycine et de tilleul, en découvrant certaines cours intérieures du quartier était très cohérent. L'idée d'un blanc total est parfaitement traduite dans le parfum par les salicylates, les muscs blancs transparents et un aldéhyde présent dans le tilleul, que je trouve pour ma part très doux voir enfantin et que j'adore. On décèle à peine un vétiver dans le fond qui se pose délicieusement sur la peau. Frais, printanier, léger et confortable, ce joli floral, rare évocation du lilas, du tilleul, de la glycine, du chèvrefeuille ou d'un jardin composé de ces fleurs est à porter avec le sourire et une certaine désinvolture, dans un Paris totalement blanc, qu'il soit réel ou imaginaire, un peu comme dans la série quoi !  

D'autres parfums de la marque ont également retenu mon attention, mais j'y reviendrai au fil de mes articles. Et vous, vous les connaissez ? N'hésitez pas à laisser un commentaire avant la fin Octobre et vous aurez la possibilité de gagner un échantillon d'un parfum de la marque Parle Moi de Parfum et d'une de mes propres créations.   

Illustrations : Emily un Paris (Série Netflix) et Parle Moi Parfum. 

jeudi 10 septembre 2020

Garanat - Bvlgari 2016 : la rose s'abandonne au feu , avec passion !

 

Arrivés à 50 ans d'âge, certains rêvent de pouvoir s'offrir une belle bagnole, d'autres adorent le plaisir d'une belle montre. Dans mon cas, le plaisir fût d'accéder enfin à un parfum convoité depuis qu'il est sorti, mais qui reste très cher. Alors parfois, quand la vie vous offre des opportunités et que les bonnes conditions sont réunies pour que le rêve devienne réalité, on se laisse aller. Ajouter à cela le sentiment de faire une bonne action car honnêtement, la parfumerie s'est pris un sacré coup cette année, les allées vides des Galeries Lafayette font peine à voir ! En bon français raisonné moins raisonnable, il s'agissait d'essayer ceux de la gamme avant que le choix ne se confirme, et ce choix s'est arrêté sur Garanat. 

Garanat conjugue la rose et la patchouli avec maestria, car franchement, la patte de l'expert se fait sentir. Finesse du trait, perfection de l'exécution, justesse des notes, rien dans ce parfum n'est à jeter à mon sens, et il représente sans doute ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle. Garanat, c'est une rose qui s'embrase dans l'encens et le patchouli dans un concert presqu'évident. Notes poivrées et de genièvre et de baies roses viennent ajouter du piquant à ce juste dosage qui fait que le parfum colle à la peau et devient charnel, sensuel et addictif. J'ai longtemps porté Voleur de Rose, je porte parfois Orage, on m'a souvent dit que Rose Barbare portait les notes qui m'allaient, aujourd'hui, ils sont presque tous balayés par Garanat.

La maturité quoi  ! Garanat, c'est un rubis, Garanat, c'est l'abandon, précieux et rare ! And you, what would you do with love ? 

Illustrations : Bvlgari , Jack Vettriano.