L'iris n'a pas vraiment d'odeur distinctive dans l'atmosphère, pourtant lorsque l'on a la curiosité d'approcher ces fleurs en forme de trompette, on s'aperçoit qu'elle ne sont pas si muettes. Pour cela, j'aime faire un tour au jardin de Bagatelle en cette saison pour parcourir le champs d'iris offert à notre visite et promener mon nez de fleur en fleur. Là, je découvre leurs chants.
Tamango reprend cette idée d'un chant d'iris. Très linéaire dans sa conception et son évolution, ces notes florales sont assez simples, mais elles semblent cousues autour de l'iris pour mieux se fondre et se confondre avec lui. Poudré par excellence, Tamango joue sur un registre vert et aldéhydé qui lui apporte une modernité et un sillage typique de son époque, dans un effet "laque à cheveux" qui rappelle sans doute ce que peuvent sentir les défilés de la marque après la coiffure des mannequins. Le parfum évolue sur des notes irisées, qui me rappellent toujours, à chaque fois que je les sens, le goût et la douceur veloutée de l'abricot près du noyaux. Pour vous faire une idée plus précise, il est un peu l'intermédiaire entre un Rive Gauche au sillage fin et scintillant, et un N°19 qui porte l'iris en majesté dans un accord un peu froid, mais d'une élégance folle.

Si les iris ont un chant, il résonne sur les imprimés Léonard et dans le sillage de Tamango !
Précisions : je n'ai pas senti la version actuelle de Tamango, qui date de 2011, car mon flacon est celui de l'ancienne version, qui est sur la photo et sur laquelle est basé cet article. A lire certains avis, il semblerait qu'il ait un peu changé. Ce serait dommage, mais n'est ce pas le cas de beaucoup de parfums ?
Illustrations : champs d'iris, Léonard.