mardi 12 août 2014

Violette Sacrée - Au Pays de la Fleur d'Oranger 2014 : violette magicienne ?

Quand il s'agit de traiter la violette en parfumerie, il est difficile d'éviter l'écueil de l'archétype véhiculé par la violette Berdoue, qui vous renvoie son cliché chimique et sucré pas vraiment traité dans la finesse. Pourtant, parfois, de belles surprises émergent, comme si elles venaient d'une autre planète ! C'était déjà le cas avec Stephen Jones de Comme des Garçons, alors parée d'aldéhyde et de poudre, elle se voulait magnétique et attractive. Violette Sacrée de Au Pays de la Fleur d'Oranger, elle, est de ces fleurs magiciennes, extraordinaires, et qui dévoilent des facettes là où l'on ne s'y attend pas. 

De la violette ? Bien sûr que oui, elle ne peut le renier, mais ici, on est loin du cliché : elle se dévoile avec finesse et justesse, comme si la fleur avait été chercher dans la nature les composants les plus fins pour les condenser dans un flacon, joli qui plus est ! Jean Claude Gigodot, par le jeu de textures diverses permises entre l'absolu feuille de violette et les diverses ionones et methylionones qui composent la palette du parfumeur, réussit le tour de force de la sortir de ce à quoi la parfumerie nous avait habitué jusqu'à ce jour pour mieux la remettre au coeur de la nature, dans un champs violet qui sent le "vrai" et la vraie fleur. Elle se dessine alors sous des traits complexes et riches, allant de la note violette que l'on connait à des facettes boisées presque cuirées sans doute apportées par les notes très "peau" du bois de gaïac. Sans tomber dans le cliché d'un jeu habituel trop poussé, l'iris se montre, ponctué de quelques aldéhydes bien discrets, juste pour accompagner l'envolée en douceur. Simplement, les ionones déploient des notes croquantes comme la grenadine, et s'habillent de noisette et d'une note de mie de pain grillée. Ensuite, c'est un joli sillage floral rosé et jasminé d'un bel effet "transparent" qui s'exprime. Le fond, boisé, très subtilement ambré laisse deviner un vétiver très clair, qui donne l'impression de s'accrocher à merveille avec le reste. Ainsi, à certains stades de son évolution, le parfum me rappelle à la fois Vétiver Tonka, celui de Carven et même celui de Guerlain, très "violette" lui aussi, mais toujours par a-coups, sans parenté évidente.

Sans trop m'avancer car je garde de la nuance, j'aurais presque envie de dire que Violette Sacrée fait partie des plus beaux parfums que j'ai senti. L'équilibre est d'une finesse rare, les notes agissent de manière assez magique sur peau, le sillage est discret mais présent, et l'ensemble résonne avec des familles qui me sont chères : vétiver, iris, cuir et fleurs iridescentes ! 

Un vrai coup de coeur et un vrai bonheur à porter, une violette parfaitement naturelle, androgyne et magicienne qui n'a jamais si bien porté son nom ; lumineuse, radieuse, elle est sacrée ! 

Illustrations : stock d'images Shutterstock, Collection Les Inédits de Au Pays de la Fleur d'Oranger. 
Sites et liste des points de vente : shutterstock ; Au Pays de la Fleur d'Oranger:

samedi 26 juillet 2014

Only the Brave Wild - Diesel 2014 : mi figue, mi raisin ?

Il y a parfois des surprises là où l'on s'y attend le moins. A l'approche du flacon de Only The Brave Wild avec tout son attirail de campeur militaire, je craignais le pire : encore un peu de dhmol habillé de notes boisées qui font bien mec, ou une bombe explosive gavée pour affronter tous les combats. 

Et bien non, ce parfum installe un univers bien à lui pour nous emporter dans une espèce de verdeur à la fois familière et sauvage, qui sait rester masculine sans tomber dans le cliché, et curieusement, une douceur apaisante et calme.  Comme si ce campeur avait su transmettre dans l'esprit du parfum ce coté contemplatif de la nature avec ce qu'elle peut donner en bonnes ondes. Il nous projette dans les grand espaces, dans les eaux des cascades de la forêt vierge et sur les cimes des plus beaux sommets.

Comme son grand frère Only the Brave mettait en avant une note de datte confite que je trouvais très intéressante, ce Wild, lui, met l'accent sur une verdeur acidulée entre le raisin vert-mangue mêlée d'un accord coco boisée qui évolue sur une figue assez pointue, qui rappelle par certains aspects les premiers Paul Smith. On retrouve en filigrane un peu la trame, très très légère, de la signature de l'original, mais le dhmol s'est mis en sourdine et les bois se sont fondus dans cette figue lumineuse. La datte confite peut se deviner, mais c'est purement subjectif de ma part.

Il n'est pas si sauvage, certes, en tout cas pas autant qu'un Chaman's party de Honoré des Prés, mais il apporte une touche d'originalité bien croquante comme la verdeur des feuilles d'une forêt vierge explorée par un esprit aventurier, et il va plus loin dans l'originalité et la construction olfactive qu'un Yves Rocher Homme Nature, qui avait aussi ce croquant vert et sauvage.

Mi figue, mi raisin ? Pas du tout, Only the Brave Wild  l'est dans son accord figue-raisin vert, mais il est parfaitement travaillé et équilibré pour un parfum de grande diffusion. Dans cette année 2014 pas si mal au final, il semblerait que la parfumerie masculine de grand public retrouve des couleurs et ose des petites choses originales ! Enfin ? 

Illustrations : contemplation de Djanet et Diesel.

samedi 5 juillet 2014

Wasamba - Parfums d'Empire 2009 : que la paix soit avec toi.

Quand il s'agit de traiter l'encens en parfumerie, les pistes qui se présentent à vous sont diverses. Faut il le travailler en solinote, au risque de tomber dans le cliché, et quelle facette de cette résine est il intéressant de mettre en avant : la coté camphré, le coté boisé, les notes chaudes et balsamiques ou le petit coté terreux de la résine ?

Marc Antoine Corticchiato semble avoir voulu en explorer toutes ces facettes, comme s'il avait cousu les autres notes autour de la résine, qui à la base est une note assez puissante et sans compromis. Le résultat est un encens très pur, jamais déséquilibré dans son évolution et juste dans on évolution sur peau. Wasamba est ainsi très camphré au départ, boisé dans son évolution comme si le cèdre chopait l'encens pour mieux s'y accrocher. Un accord qui me fait penser à de la  prune confite cher à son auteur vient faire la pirouette pour s'allier ensuite à des notes moussues, très légèrement terreuse, comme si nous étions à la lisière d'une forêt et comme dans l'Eau Trois de Diptyque, un autre encens. Il se raconte que le ciste labdanum ne serait pas étranger à cet effet.

Ce que j'aime dans Wasamba, c'est justement cet accord fruité, original et qui n'est pas à priori quelques chose auquel on penserait autour d'un encens, mais qui s'avère très cohérent car dans le cyprès et le fir balsam, il y a des facettes fruitées. Très prune confite / narguilé à la pomme en coeur de parfum, cet accord fruité s'avance vers une association de muscs blancs et de cétone framboise qui donne un coté très doux et attachant qui me fait penser à Mûre et Musc et qui s'accroche à la peau tout en "appuyant" l'encens.

Il résulte de tout cela un parfum beau, calme, reposant, fidèle à la peau et qui laissera derrière vous un sillage discret mais présent. Wasamba, un parfum pour se recueillir, pour se retrouver, serein et en paix, un jour de pluie comme aujourd'hui par exemple ! 

 Illustrations : Parfums d'Empire, un encens qui brûle.

jeudi 26 juin 2014

C'est une belle journée...

Il y a des matins comme cela, où vous vous levez le sourire aux lèvres en sachant dans le fond, que votre journée ne sera pas comme les autres. Pourquoi ? Parce que vous aimez les parfums, et qu'elle sera marquée, au fil des heures, par de belles découvertes, des surprises, des rencontres et des avancées. 

Tout commence le matin tôt : vous n'avez pas beaucoup dormi car dans votre tête trainait l'idée de finaliser vos formules au propre afin de les envoyer au laboratoire qui vérifie la conformité IFRA. Une étape importante, avec un espoir qu'il n'y ait pas trop de modifications à faire, et qu'une suite sera possible.

Vous rejoignez ensuite votre amie PoivreBleu qui vous apprend que son premier atelier va voir le jour, ce qui vous met en joie car elle le mérite et sachant son goût, sa passion et sa motivation, vous ne pouvez qu'encourager cela. Toutes les infos sont ici. 

Vous prenez ensuite le chemin d'un grand magasin parisien où une marque que vous connaissez assez peu en fait vous présente une partie de sa collection : et là, vous découvrez que ces parfums vous parlent, et que, bien que certains soient un peu trop dans la lignée de choses que vous connaissez et font écho à Le Mâle, Hypnotic Poison, L'Eau d'Hadrien et Premier Figuier, d'autres au contraire, sont capables de vous transporter au plus profond d'une culture italienne qui vous est chère et familière. Vous devinez alors que la gourmandise, les petits biscuits glacés, le limoncello, l'expresso, l'amaretto, les amandes, les liqueurs aromatiques, le sable, la mer, les herbes de la méditerranée, une balade en sous bois et un bon whisky tourbé dans un fauteuil en cuir, l'odeur d'une église et celle des anges sont des choses qui vous parlent d'un pays que vous adorez. A vos yeux, les plus représentatifs de tout cela, les plus italiens et les plus "Profvmvm" seraient Battito d'Ali, un gourmand liquoreux espiègle et juste, peut être parce qu'en Italie, les anges descendent du ciel plus qu'ailleurs, et Olibanvm, un encens cèdré et cuiré très équilibré, parce qu'ils se posent dans les églises ? Vous oubliez alors les premiers et comprenez que Profvmvm Roma est empreinte de cette culture, de ce goût "vivant" des choses et de la vie, de sens en éveil et de cette lumière si particulière là bas, de l'autre coté des Alpes. Les fondateurs de la marque, une famille unie, s'expriment avec des mots, mais aussi avec les mains pour évoquer des "émozione" vécues. Vous vous dites alors que, même si pour vous, ce n'est pas forcement de la grande parfumerie de prestige, elle est honnête et créative, mais vous retenez aussi que la gourmandise est un fil conducteur qui peut être traité avec goût, originalité et délicatesse, et pas à la truelle comme peuvent le faire certains rouleaux compresseurs. Sorisso, le dernier né, vous donne même le sourire, avec son chocolat amer, ses notes de rhum et de baileys, et son café liquoreux !



Votre chemin continue, et vous changez de destination avec l'intuition que quelque chose de bien vous attend. Vous étiez tombés quelques semaines auparavant sur les photos de jolis flacons de Le Galion que vous connaissiez, mais que vous n'aviez pas encore vu en rayons. Vous vous renseignez, et ils vous apprennent alors que la marque va revivre très bientôt, et sont alors ravis de vous inviter au re-lancement. Et là, c'est une révélation, un choc, une grande émotion, un "wouahou" ! Sortilège, leur chef de fil et parfum emblématique réussit à vous faire traverser un demi siècle d'histoire du parfum en un pshitt, en traçant une ligne directe entre Diorella, Diorama, Diorling, Eau fraîche et Eau Sauvage, Arpège, Femme, N°5, Gold et j'en passe, et Special for Gentlemen achève de vous mettre à genoux quand il se love sur votre avant bras par ses réminiscences d'Eau d'Hermes, de Jicky, de Shalimar mais aussi de fougères ambrées très masculines. 

Richesse des matières et des compositions, fond sublimes, élégance des formules, justesse et équilibre technique, flaconnage simple et cohérent, qualité du verre, du packaging et de la vaporisation, et surtout, sincérité et pétillement du regard de la fille de Paul Vacher le fondateur de la marque en 1930, et des propos de Nicolas, à l'initiative de cette renaissance. Vous applaudissez, vous pleurez en redécouvrant ces parfums (sincèrement pour mon cas en tout cas pour les deux parfums cités), et vous vous dites qu'il y a d'autres voies et d'autre voix possibles que le dhmol + cédramber + vanille ou oud à la louche en parfumerie haut de gamme, enfin !!
Votre journée s'achève chez des amis qui découvrent ce que vous faites et vous vous sentez très émus quand l'un d'entre eux tombe sous le charme d'une de vos créations qui lui va plutôt bien, et que les futurs flacons plaisent, même si un travail sur les étiquettes semble indispensable, et oui ! 

Voilà, vous êtes un peu comblés, vous dormez assez mal, mais un article en sort en ce lendemain matin. Etait-ce un rêve ? Non, une belle journée.

 Illustrations : angels falling from the sky, Profumum Roma, Le Galion.

jeudi 12 juin 2014

Rouge Hermès - Hermès 2000 : nuit magique.

Vous êtes vous déjà posé la question de ce que pourrait bien sentir une nuit magique ? Une nuit, que vous n'oublierez jamais, unique. Pour moi, elle pourrait bien avoir l'odeur de Rouge Hermès !

Une sophistication oubliée, que l'on est plus près de revoir dans les dernières sorties, car c'est comme si elle avait disparu de la tête du grand public et du coup, de l'esprit des marques. Une tenue comme on en voit plus et un sillage d'un chic inimitable. Rouge Hermès, d'abord né sous le nom de Parfum d'Hermès a revu le jour tout de rouge vêtu histoire de retrouver une nouvelle identité plus visible à l'aube du troisième millénaire !

Vu qu'il véhiculait en lui l'identité de la marque à l'origine, ce parfum se devait de porter en lui tous les gènes qui ont fait sa réputation, avec un "je ne sais quoi" de sophistiqué et d'élégant. Ses notes de tête aldéhydées et l'envolée légèrement métallique font écho à Calèche et Amazone. Nous sommes alors dans la soie la plus raffinée de la maison, mais très vite, quelque chose de doux et poudré dévoile avec finesse une trame de rose, d'iris et d'ylang. Le bois, le pli Hermès prend alors une forme olfactive, les fleurs se font discrètes pour laisser le cèdre et le santal dialoguer dans un accord des plus finement travaillé qui ondule. Sur les notes de fond, c'est un cuir retourné de suédine qui est suggéré, doux, caressant, onctueux : styrax, ciste labdanum, baume de tolu, myrrhe et sans doute un peu de vanille charnue dévoilent toute leur suavité.

Rouge Hermès est doux, chaleureux, très confortable et tellement en adéquation avec la marque, dans un parfum singulier, unique et décalé de nos jours. Depuis, Hermès a pris un virage olfactif sous l'impulsion de Jean Claude Ellena, mais il représente tout de même une époque, et un pan du style et de l'histoire de la marque. Il est bon de le redécouvrir, et c'est au détour d'une brocante, dans un joli flacon ovale rouge vendu trois francs six sous qu'il s'est offert à mon nez, il en restait si peu ! Celles qui l'adopteront assumeront complètement ce coté sophistiqué, racé, ultra féminin, mais elles laisseront aussi dans leur sillage poudré si chic les traces de ce que pourrait être une nuit magique ! Merveilleuse ...

Illustrations : event londonien "le petit h" d'Hermès et Rouge Hermès dans son flacon original.


vendredi 6 juin 2014

Rose d'Homme - les Parfums de Rosine 2005 : calme du levant.

Rose d'Homme, disons le tout de suite, fait partie de mes parfums préférés et je le porte régulièrement, surtout pour des diners entre amis ou une sortie dans un bon restaurant. Fidèle compagnon d'une tenue plutôt habillée, casual chic, il me rappelle sans doute aussi un des parfums qui m'a bercé dans mon enfance, je parle là le Miss Dior, le vrai l'authentique, que portait ma grand mère. 

Je retrouve en effet dans Rose d'Homme ce chypré vert si particulier, appuyé de galbanum, de mousse de chêne, de patchouli et d'une pointe d'encens. Ce parfum me semble très compact, tellement les notes défilent en harmonie et sans rupture, avec une certaine constance. Le parfum est complexe, riche, et l'on y devine une tête de bergamote bien charnue évoluant sur des aromates (peut être un peu de thym) et des épices (poivre noir). La lavande et le géranium jouent de concert pour accentuer l'effet "parfum d'homme", élégant et propre, comme toute bonne fougère qui se respecte. Il s'arrondit ensuite dans un accord miellé, constitué sans doute d'un peu de vanille, de baume de tolu, de vétiver, de cèdre, puis très vite vient le cuir, souple mais légèrement tanique. Par certains aspects, il évoque également les encens indiens classiques, que l'on trouve dans les boutiques à thème, ou l'encaustique, voir même la colophane. Bien sûr, la rose, et même peut être une pointe de tubéreuse donnent du liant et la tonalité générale. 

Pour moi, la plus belle évocation de ce parfum est celle d'un temple japonais, construit en bois ciré, entouré de roses ou d'autres fleurs olfactivement proches. Au Japon, j'ai beaucoup senti cette odeur autour des temples et sur les gens. Il parait qu'il se vend bien dans ce pays que l'on imagine sentir le shampoing à peine distinctif. Mélange d'encens et des feuilles de patchouli qui entourent ces temples en abondance, qui sait, peut être est-il imprégné de culture japonaise ?

Rose d'Homme est un samouraï, un homme de caractère mais d'une élégance à toute épreuve, et qui ne se laisse jamais abattre, et aussi calme qu'un lever de soleil sur le mont Fuji. Quoi, vous avez dit petite merveille ? Pensez donc, allez sentir l'extrait, vous m'en dire des nouvelles. Stop, je défaille !

Illustrations : Marc Chapaud - Temple japonais, Les Parfums de Rosine. 

mardi 20 mai 2014

Black XS Potion For Her - Paco Rabanne 2014 : walk like an egyptian !

55 euros pour 80ml avec 20% que l'on peut obtenir facilement. Ce facteur est à retenir avant de parler de Black XS Potion For Her. Pourquoi ? 

Parce que ce parfum a le mérite de replacer le curseur vis à vis de certains parfums de niche, vendus 3 fois ce prix et achetés le plus souvent par snobisme mais face auxquels, au final, il n'a absolument pas à rougir. La toute première impression est assez éloignée du parfum original, avec une sensation qui fait immédiatement très "niche" actuelle. Tout en reprenant la note pâte sablée gourmande de son ainé, Black XS Potion se fait beaucoup moins sucré, pour se développer autour d'un accord rose-oud, cuir et bois, saupoudrés de fruits noirs et croquants pour un effet très mat et sourd. Le parfum se fait ensuite très enveloppant dans une texture presque chyprée de rose, de patchouli et de muscs d'un effet très laineux tout juste ourlé d'un accord assez "prune confite". 

Ce qui surprend, c'est l'équilibre général, car aucune de ces facettes rose fruitée, boisée, gourmande, épicée, cuirée, confite ou oudée ne domine plus que l'autre et le tout reste parfaitement à sa place. Tout juste peut on lui reprocher un peu de "bois qui piquent", mais ils se tiennent sous contrôle, sans surdose au quotidien, et au final, cette potion séduit, envoute, charme, un peu comme une sorte de Portrait of a Lady plus accessible. Il pourrait presque rendre jaloux certains Kilian, et ces bois sont même moins prononcés que dans un Straight to Heaven par exemple ! La façon dont le parfum se love sur la peau, dans une sensation de laine "mohair" et de cuir noir assez souple, son équilibre, son sillage, son caractère affirmé en font pour moi un parfum qui pourrait être une sorte de représentation olfactive du khôl égyptien, épais, sombre, profond mais soulignant le regard et la personnalité.

Aux cotés des blockbusters que sont les Invictus et One Million, on reste assez fidèle aux notes qui marchent, certes, mais Black XS Potion for her propose une alternative intéressante à bien des parfums plus prétentieux et bien plus onéreux. Chez pas con Rabanne, on marche comme un égyptien, sur le coté, une main devant une main derrière, en lorgnant sur ce qui se passe, à tâtons, pour voir si ça fonctionne. Peut être que s'il plait, il intègrera la gamme ? Il serait pour moi le pendant logique de Black XS for Him l'orignal qui se suffit largement à lui même. Et s'il pouvait virer les l'Excès et l'Aphrodisiaque autour de lui, ça ferait du ménage et ce serait bon pour nos narines car s'il ne devait en rester qu'un, ce serait celui là ! Il est, en outre, suffisamment sourd pour être androgyne.

Illustrations : peinture autour du thème du khôl, Paco Rabanne.