dimanche 8 mai 2016

Tubéreuses malines.

Sil y bien une fleur associée à la séduction et à la sensualité, c'est bien la tubéreuse. Son parfum, qui se dévoile surtout le soir, est enivrant, capiteux. Sensuel, addictif, narcotique sont des adjectifs qui reviennent souvent pour le qualifier, et ce ne sont pas des parfums comme Fracas, Giorgio, Tubéreuse criminelle, Carnal Flower qui démentiront le propos. Pourtant, aujourd'hui, elle semble s'assagir, se renouveler pour se faire plus douce, plus peau, plus claire et peut être aussi plus facile à appréhender par les hommes. C'est bien ce que revendiquent et ce que cherche cette sélection de trois tubéreuses actuelles, dont la plus ancienne a moins de deux ans. Comme quoi, un parfum associé à la séduction fatale et féminine peut proposer une autre écriture et ne laisser place qu'au parfum et à celle ou celui qui le porte.

White Tubéreuse Edt de Réminiscence : crémeuse, lumineuse et finalement pas si capiteuse au porté ni en sillage, cette tubéreuse vue par Fabrice Pellegrin pour Réminiscence se veut très "peau", comme si elle la caressait de ses délicieuses facettes lactées et animales, en ajoutant la lumière et la modernité d'une rose fraîche, soulignée notamment par l'hédione. Son parfum, plus solaire que capiteux, est bien addictif, comme toute tubéreuse qui se respecte, mais il n'est ni fatal ni criminel, juste "blanc" propre, et doux. Une tubéreuse charmante, que j'aime porter personnellement comme une belle crème solaire, quand il fait beau. 

Adjatay de The Different Company : dernier nez de la marque, Adjatay, qui sonne comme le cri des Alblacks avant un match, se veut être un cuir narcotique, porté par un Djin africain. Ambiance mystérieuse donc, mais le cuir étant une facette du parfum de la tubéreuse, c'est plus ici le discours qui le met en avant, sur un accord tubéreuse qui sait rester charmeur et bien évidemment envoutant. Au porté, pourtant, le parfum de la tubéreuse reste très doux, également très "peau", et ce cuir travaillé comme une suédine se dévoile très progressivement. Magnifique avec du cuir, Adjatay est au final assez discret, et comme pour White Tubéreuse, il se porte sans tabou, que l'on soit un homme ou une femme. C'est vous qui dévoilerez le secret, ou non ? 

Aléa Jacta Est de Thierry Blondeau : pour ce parfum, j'ai voulu jouer sur le propos d'une fleur étrange mais qui vous envoute. Comme si l'on abordait un territoire inconnu, la fleur d'Aléa Jacta Est est abstraite et peu familière au départ, mais elle vous gagne au fur et à mesure que vous la porter. La tubéreuse était quasiment obligatoire comme point de départ, et constitue donc le thème principal de ce parfum, mais les aldéhydes, l'ylang ylang et le jasmin l'accompagnent et la soulignent. C'est aussi sur le coté addictif et "peau" que j'ai voulu jouer, avec un fond de cuir gourmand, aux notes de styrax, de patchouli et de chocolat noir. Avec Aléa Jacta Est qui signifie "Le sort en est jeté", qui sait ce qui peut vous arriver ? 

Pourquoi sont elles malines ? Parce que c'est la première fois que j'ai l'impression que la tubéreuse s'affranchit de la féminité. Ici, le propos est au parfum, narcotique et envoutant certes, mais pas forcement sexué, et j'aime cette approche, qui devrait être celle de tout parfum. La tubéreuse n'a pas dit son dernier mot, qu'elle soit d'une féminité affirmée et excentrique, criminelle comme un poison, ou douce et "peau" comme cette sélection, qui sait ce que l'avenir lui réserve ? On l'a vu fruitée, boisée, lactée, mais il reste encore à explorer.... qui sait ??

Illustrations : Tubéreuse Biolande, Réminiscence, The Different Company, Parfums Thierry Blondeau. 

mardi 26 avril 2016

Lavandes Nouvelles : on butine ?

Ah la lavande ! Incontournable des produits parfumés et des parfums, elle revient ces derniers temps, et ce grâce aux progrès réalisés sur les techniques mises en oeuvre par les producteurs pour en extraire les facettes les plus secrètes. Plus claire, plus lumineuse, moins grasse, elle s'exprime aujourd'hui de manière plus fine et élégante, pour notre plus grand bonheur, à nous les amateurs de parfums, mais aussi pour nous, qui aimons imaginer ce qu'elle peut donner en création, combinée à d'autres notes dans une composition. J'ai choisi trois exemples assez différents pour illustrer le propos de cette lavande nouvelle. 

Le tout dernier en date à mettre la lavande à l'honneur, ainsi que sa région de naissance, est l'Artisan Parfumeur avec Bucoliques de Provence. A la lectures des premiers descriptifs glanés de ci, de là, cette association de lavande fraîche, d'iris et de cuir nous promettait un bien joli parfum. Et bien je peux vous assurer que sa découverte n'est absolument pas décevante. Fraîche, vive, fine et fruitée, elle l'est, et elle arrive de suite. Son amie la baie de genièvre, aux notes très "peaux" la soulève et l'accompagne ! L'absolu d'iris, dont le prix est inimaginable, est croisé ici en double distillation avec une base iris et est associé ensuite à de la muscenone, un musc blanc très transparent, ce qui provoque un effet très "chanel", légèrement aldéhydé et très scintillant. C'est sublime, et comme ce traitement permet de révéler les aspects cuirés de l'absolu, Fabrice Pellegrin les a traité en pointillés, juste ce qu'il faut avec sans doute un peu de sudéral, une base "cuir suédine" d'une belle élégance, sur un fond poudreux et très légèrement vanillé qui fait de lui un merveilleux allié au quotidien.

Chez Penhaligon's, c'est évidemment la tradition anglaise qui inspire. La lavande est ici incontournable, de Blenheim Bouquet, Hammam Bouquet à Bayolea, et la Cologne N°33, choisie pour fêter les 175 ans de cette enseigne iconique, la revisite pour la transporter dans le nouveau siècle. Fusante mais plus épaisse que dans Bucoliques, elle s'associe ici dans un univers plus masculin avec le géranium et le poivre, plus denses, qui sont eux même relevés d'une pointe de gingembre, à la fois frais, savonneux, épicé et vanillé. Le lien se fait naturellement avec un fond où le tabac, la fève tonka et la vanille se fondent littéralement avec l'ambrox. Fraîche dans ses premières notes, Cologne N°33 devient très vite chaleureuse et confortable, comme le tweed d'une jolie veste, maybe so british ?

Le troisième opus de la saga est une Cologne, mais pas n'importe laquelle. Dans sa version classique, Cologne de Le Galion est déjà très réussie, car elle mêle ce que l'on attend habituellement d'une Cologne avec un dynamisme et une tenue rarement vus à ce point. Pour sa déclinaison nocturne, la lavande entre en scène, plus chaleureuse et veloutée que jamais. Relevée d'épices et d'aromates, elle s'associe à la sauge, au géranium et au bois de rose, pour un effet qui rappelle les "fougères" de nos papas. En fond, ce sont les bois qui se dévoilent, mais jamais trop, toujours en contrepoint, pour souligner la finesse et la justesse de cette Cologne Nocturne, tout en restant fraîche, vive et agréable. La lourdeur ! Elle ne sait pas ce que cela veut dire, l'élégance est son maitre mot ! 

Alors, laquelle de ces trois lavandes allez-vous butiner ? J'ai choisi la mienne, mais je garde le secret, et vous ?

Illustrations : image issue de fotocommunity.fr, L'Artisan Parfumeur, Penhaligon's, Le Galion. 

samedi 16 avril 2016

Muguet Porcelaine - Hermes 2016 : jolie mue, gaie ?

Si vous aimez le muguet, il faut bien l'avouer, sur le marché, il n'y en a pas tant que cela. Et les tentatives d'inclure le propos en thème principal d'un parfum grand public, comme Vivara Variazioni par exemple, n'a pas franchement rencontré de vif succès. Le seul qui ait réussi à maintenir ses clochettes au fil du temps est Diorissimo, devenu cultissime par sa finesse et sa beauté simple, mais d'une perfection technique à couper le souffle. Déjà très bien en eau de parfum, en extrait, il est sublime.

Comme un hommage au créateur talentueux de Diorissimo qu'était Edmond Roudnitska, Jean Claude Ellena revisite le muguet cette année, mais, comme à son habitude, il découd et recoud l'accord en le triturant, en le faisant sortir des sentiers battus et ce, dans une interprétation très personnelle.

Lorsque j'ai découvert Muguet Porcelaine, je n'ai pas forcément pensé à une évocation réaliste de la fleur, mais bien à une interprétation de parfumeur sensible et qui maitrise si bien certaines nuances de la peau, qu'il est capable de faire partir un propos simple comme le muguet dans une oeuvre étonnante. Ne disait-il pas dans son Journal d'un Parfumeur quelque chose comme :  "j'aime utiliser certaines matières secrètes qui délicatement vont faire qu'elles jouent avec la peau" ?
 
Muguet Porcelaine, dont je vous invite à lire la description olfactive parfaite rédigée par Patrice sur Musque Moi, n'est à mon sens pas fait pour toutes les carnations, mais il y en a une avec laquelle le lien m'est apparu évident, c'est celle de ses femmes au visage si clair et au teint si pâle, qu'il fait penser à de la porcelaine. Connaissant l'amour de Jean Claude Ellena pour le Japon et l'Asie, j'ai immédiatement pensé à un parfum délicat, que l'on imagine sur une Geisha, ou sur une femme asiatique douce et fragile, à la peau blanche et délicate. Ainsi, si la note de melon d'eau ainsi que certaines notes animales peuvent surprendre, ces matières sont un pont parfait avec ces peaux claires, sur lesquelles on verrait presque les veines par transparence. L'hédione, très présente en fond, lui apporte une modernité et une lumière inhabituelle sur un muguet. 

Je ne vois donc pas forcement ce muguet sur tout le monde, mais sa finesse et son écriture font de lui une vraie oeuvre, une vision nouvelle d'une fleur souvent interprétée de manière assez classique, comme chez Guerlain, où il revient tous les ans, où chez Penhaligon's, ou il crépite. Dans ces derniers, le propos est plus proche de la nature que d'un parfum qui vit avec la peau. Muguet Porcelaine fait vibrer l'émotion de ses clochettes et de sa fraicheur sur une carnation qui voudra bien de lui, et je suis presque certain que les filles et les garçons au teint de porcelaine trouveront en lui un allié, sans que l'on puisse précisément reconnaitre un vrai muguet lorsqu'ils le portent, mais un parfum délicat, lumineux, sensible. Un muguet qui a su faire sa mue et nous transporte ailleurs, avec un brin de mélancolie. 

Illustrations : Photo de Geisha, Hermes

samedi 20 février 2016

CK2, Rem l'Acqua, Lueur de Victoire : welcome to the beach !

En ce début d'année 2016 et comme il ne fait pas spécialement beau, je propose que l'on parte un peu en vacances se donner des envies de plages, de crème solaire et d'air marin. Une tendance semble se dessiner dans le paysage autour de cette idée. 

Sans doute amorcée dans l'idée des parfumeurs depuis quelques temps, c'est cette année qu'ils se dévoilent, ces parfums légers, frais, facile à porter. Mais surtout, ces trois là sont construits absolument autour de la même trame, qui revisite la fraîcheur non pas autour de notes d'agrumes comme les Colognes mais autour des salicylates,  qui évoquent la plage, les vacances, le soleil et la mer. 

J'ai travaillé Lueur de Victoire autour de cette idée il y maintenant deux ans, et je suis ravi de voir qu'aujourd'hui, deux marques très connues ont eu un peu la même idée, sans doute au même moment. Je ne vous cache pas que cela me conforte dans le fait que j'ai l'impression de travailler dans la tendance et pas à coté de la plaque. 

Ck2 et Rem l'Acqua, déclinaison du fameux Rem qui évoque fortement la mer et les vacances, sont deux exemples de ce qui peut se faire lorsque l'on cherche un parfum à partager, simple et facile à porter mais surtout moderne, nouveau. Tous deux portent les salicylates en vedette, rafraichis par l'hédione. Ck2 est un peu plus sombre, avec une sensation presque velouté sans doute apportée par la feuille de violette. Dans Rem l'Acqua, c'est plutôt l'envolée acidulée et jasminée que je retiendrait. quant à Lueur de Victoire, qui n'est pas commercialisé, je dirais qu'il part un peu plus sur des notes de trèfle pour accentuer la tenue sur peau. 

Bref, si cet été vous voulez ne pas vous prendre la tête avec un parfum envahissant, que vous chercher quelque chose qui vous fait partir à la plage sans vouloir avoir la sensation d'être trop parfumé, je ne saurais vous conseiller d'aller faire un tour du coté des deux qui sont dans le commerce. Unisexes voire unigenres, ces deux exemples véhiculent parfaitement certaines valeurs d'aujourd'hui, où l'on veut juste avoir une odeur qui couvre sans forcement chercher la sensation d'un parfum. Recréer l'odeur d'une peau chauffée au soleil, baignée par les algues, le vent, la mer et balayée par le sable est un défi parfumistique illustré par Ck2, Rem l'Acqua et Lueur de victoire. Welcome to the beach !

CK2 est déjà disponible, Rem l'Acqua arrive en Avril et Lueur de Victoire reste pour le moment chez moi, mais qui sait ???? Ah ah ah ???

Illustrations : plage dans les 70's, Calvin Klein, Réminiscence.

lundi 15 février 2016

For Him Bleu Noir - Narciso Rodriguez 2015 ; innover et plaire.

C'est une habitude de la marque que de proposer des parfums susceptibles de plaire tout en étant créatifs et innovants. For Her a prouvé sa légitimité en s'installant comme une référence en revisitant l'accord chypré, For Him revoyait l'accord fougère en apportant une véritable signature à la fois verte, fumée relativement stylée et assez sud américaine, Narciso prouve que la gourmandise ne rime pas forcement avec indigestion de sucre. For Him Bleu Noir, que j'ai découvert il y a peu aux Pays Bas, ouvre encore un nouvel horizon.

Alors que je m'attendais à découvrir une version encore plus classique et racoleuse d'un For Him à peine revu, c'est à une vraie nouveauté que je me retrouve confronté. Bien sûr, en cherchant bien on retrouve un tout petit peu de la signature originelle de For Him par le coté fumé, le cèdre et les muscs, mais pour le reste, je suis projeté ailleurs. L'envolée est beaucoup plus fraîche, assez "Cologne" autour de le fleur d'oranger et des agrumes mais avec un petit quelque chose de jamais vraiment senti avant. Est-ce la cardamome qui fait cet effet ? Peut être. Mais ce qui me marque le plus, c'est cet accord vert et végétal, ponctué sans doute d'un peu de menthe, que je n'ai jamais vraiment vu avant, et qui fait un pont très cohérent entre le départ frais, le coeur boisé, un peu "tabac" et fumé qui fait écho à l'original et le fond musqué qui sait resté très lumineux. Des épices comme le poivre et la cannelle apportent un soutien réconfortant. Ce que j'aime particulièrement, c'est cette signature vive et légèrement lactée, qui me rappelle les graines de paradis, ce poivre rare et très parfumé, qui est, quand il est concassé, à la fois frais, doux et lacté en gardant de la lumière dans ses arômes pour parfumer subtilement des poissons ou des viandes. Un vrai voyage, que je retrouve ici quasiment à l'identique. 

Ainsi, For Him Bleu Noir navigue quelque part entre Déclaration en beaucoup moins sec, Terre d'Hermes en plus végétal, Saltus de Liquide Imaginaire pour cette facette végétale menthée, For Him, qui reste présent mais que l'on ne retrouve pas de manière évidente, et l'innovation car, avec un peu de recul, il propose quelque chose de jamais vraiment senti, tout en restant facile d'approche. J'irais même jusqu'à dire qu'il donne un coup de vieux à certains parfums actuels.

Innover et plaire, Narciso Rodriguez est aujourd'hui quasiment la seule marque qui réussit à ce point l'équation. Vera-t-on alors un jour Bleu Noir en France ? Rien n'est moins sûr car sur son chemin, il risque de croiser un cousin très charmant lui aussi et qui lui ressemble pas mal. Ce cousin, c'est le tout dernier Cuir Vétiver d'Yves Rocher, autre belle surprise de ce début 2016, très très proche olfactivement mais qui hélas, se volatilise trop vite sur peau. 

Personnellement, j'aime les deux, Cuir Vétiver que j'utilise comme une Cologne après la douche ou pour rester parfumé une journée où je n'ai pas vraiment envie d'opulence, et Bleu Noir, un peu plus tenace, quand j'ai envie, la journée, de porter cette signature élégante et discrète qui me transporte au milieu d'une forêt, la nuit. 

Illsutrations : une forêt la nuit, Narciso Rodriguez.

samedi 6 février 2016

Le Parfum - Mercedes Benz 2015 : en voiture !

Il ne faut sûrement pas trop souvent se fier aux apparences. Surtout, quand une marque automobile prestigieuse se lance dans le parfum, comme certaines marques sportives italiennes, on pourrait craindre de vulgaires après rasages à peine améliorés. Là, j'avoue, le travail réalisé par Incc pour la licence parfums Mercedes Benz me surprend positivement car, malgré la diversité des parfums disponibles dans les trois gammes proposées, Classique, Club et VIP Club, il se cache parmi celle-ci quelques belles petites surprises. Le Parfum en est une, et il y en a d'autres ! 

Pour résumer brièvement, Le Parfum, ce serait un peu comme si les peaux tannées des cuirs de Tuscan Leather et de Colonia Leather avaient quitté leurs notes très fumées de tanneries italiennes pour se transformer en cuir pleine fleur utilisé pour la sellerie automobile, et habiller ainsi les plus belles limousines de la terre. L'autre vision que j'ai de ce parfum serait un peu comme si un vent de sable venant de la mer avait soufflé sur ces cuirs. Ainsi, on retrouve indéniablement dans ce parfum la trame de Tuscan Leather et de Colonia autour de cet accord cuir-framboise dont j'ai déjà beaucoup parlé. Mais là, c'est comme si Olivier Cresp avait voulu adoucir le propos pour qu'il soit plus accessible, plus facile à porter, mais pas plus simple ou moins élégant pour autant. Les agrumes semblent soulevés par cette note marine très subtile, la cascalone, que l'on perçoit à peine mais qui donne du souffle, comme si un vent de mer venait caresser les cuirs. Elle permet aussi à un accord iris-violette-cèdre, qui n'est pas sans rappeler un certain Fahrenheit de se soulever en douceur, pour ensuite faire corps avec un accord foin-sauge-tabac blond qui peut faire penser par certains aspects à Caligna, et que l'on retrouve aussi dans Colonia Leather. Le fond, un oud cuiré très doux, jamais "trop", se pose sur la peau comme si le sable du désert l'avait caressé. C'est doux, fin, d'une élégance indéniable.
 
Subtil et qualitatif, sans être aussi pointu que les deux autres parfums cités que j'apprécie déjà, celui-ci nous propose une version plus soft, peut être plus facile à porter mais autour des mêmes notes. Pour ma part, c'est un peu comme si l'équilibre avait atteint une forme de perfection. Normal, quand on revendique l'excellence automobile, on est habitué à plaire à une clientèle exigeante. Avec Le Parfum, Mercedes, par le biais d'Olivier Cresp confirme et signe là une belle réalisation. 

Ne dit on pas qu'un parfum est réussit lorsqu'il "lit" parfaitement l'esprit d'une marque. Il me semble, mais c'est très subjectif de ma part, que Firmenich est très doué dans ce domaine, et là, c'est confirmé. Le flacon, en outre, dans son étui en cuir et d'une vaporisation très fine, est plutôt réussi.

Alors, en voiture sur le cuir d'une limousine au milieu des sables du désert ? 

Illustrations : Mercedes Benz Maybach S 600, Mercedes Benz Le Parfum eau de parfum, disponible au Showroom des Champs Elysées.

vendredi 22 janvier 2016

Mercedes Benz Club : star design.

La marque à l'étoile s'illustre dans l'automobile depuis plus de 100 ans et a su, au fil du temps, se forger une réputation d'excellence en la matière. Excellence du luxe, exigence de qualité et de confort, technologie de pointe et design très abouti. Que ce soit en terme de style ou d'aérodynamique, la marque est à la pointe et souvent devant les autres. Quant à la qualité des produits, il suffit de regarder l'intérieur du tout dernier modèle de la marque pour s'apercevoir que la concurence aura du mal à s'aligner. 

Depuis quelques années, le groupe Incc, à qui appartient la licence parfums Mercedes Benz,a effectué plusieurs lancements, dont le premier Mercedes Benz tout court, est une fougère élégante, dont les notes à la fois vertes et fraîches comme une Cologne, légèrement ponctuées d'iris rappellent un peu Guerlain Homme ou Iskander. 
  
Aujourd'hui, je m'intéresse plutôt à Mercedes Benz Club, car j'ai été séduit, une fois n'est pas coutume, par le design du flacon. Pour une fois, j'ai accepté de faire abstraction du contenu pour me focaliser sur le contenant. Objet de design par excellence, le flacon de Mercedes Benz Club véhicule une idée de modernisme, d'élégance contemporaine, et les valeurs de la marque autour de courbes viriles et dynamiques, de matières nobles et masculines comme l'alu ou le métal brossé. Sa forme fait écho à plusieurs univers, plutôt masculins certes, car elle rappelle à le fois un rasoir, un téléphone portable, les traits des lignes des Mercedes actuelles, les grattes ciels des villes montantes, et constitue de ce fait à lui seul un objet décoratif, qui trouve sa place devant la glace de la salle de bain ou même, pourquoi pas, sur un meuble en déco. Massif, d'une prise en main facile et virile, d'une vaporisation parfaitement au point, il véhicule un univers de confort et de qualité tout à fait conforme à la marque. 

Que contient-il alors ? Ah ah, suspense. Et bien j'avoue que sans faire de vague ni révolutionner la parfumerie, les parfums Mercedes Benz Club, Club Extrême et Club Fresh sont bien exécutés, sans trop d'exubérance, avec des notes qui plaisent certes, mais sans véritable faute de goût.  Club est un boisé sec construit autour d'un accord oud assez fin, qui fait un peu penser à celui d'Elie Saab en moins brutal et assez discret. C'est l'élégance simple et mondiale de la marque. Club Extrême va plus loin dans l'opulence en ajoutant à cela une facette très orientale, sucrée et vanillée, qui fait plutôt écho à l'ostentation de certaines adaptations sportives un peu "bling" des Mercedes actuelles. Club Fresh, lui, c'est une fraîcheur boisée et menthée très sobre, fine et élégante, dynamique et solaire, très agréable et finement ciselée, comme les lignes des autos, c'est celui que je préfère. 

Voilà, j'avais envie de faire un petit tour du coté des voitures, ma seconde passion après le parfum, autour d'un flacon qui conjugue pour moi les deux univers. Et qui sait, peut être qu'un jour, votre chauffeur de taxi portera un de ces bébés ? 

Illustrations : Mercedes Benz Classe E 2016 et Flacon de Mercedes Benz Club.