samedi 6 février 2016

Le Parfum - Mercedes Benz 2015 : en voiture !

Il ne faut sûrement pas trop souvent se fier aux apparences. Surtout, quand une marque automobile prestigieuse se lance dans le parfum, comme certaines marques sportives italiennes, on pourrait craindre de vulgaires après rasages à peine améliorés. Là, j'avoue, le travail réalisé par Incc pour la licence parfums Mercedes Benz me surprend positivement car, malgré la diversité des parfums disponibles dans les trois gammes proposées, Classique, Club et VIP Club, il se cache parmi celle-ci quelques belles petites surprises. Le Parfum en est une, et il y en a d'autres ! 

Pour résumer brièvement, Le Parfum, ce serait un peu comme si les peaux tannées des cuirs de Tuscan Leather et de Colonia Leather avaient quitté leurs notes très fumées de tanneries italiennes pour se transformer en cuir pleine fleur utilisé pour la sellerie automobile, et habiller ainsi les plus belles limousines de la terre. L'autre vision que j'ai de ce parfum serait un peu comme si un vent de sable venant de la mer avait soufflé sur ces cuirs. Ainsi, on retrouve indéniablement dans ce parfum la trame de Tuscan Leather et de Colonia autour de cet accord cuir-framboise dont j'ai déjà beaucoup parlé. Mais là, c'est comme si Olivier Cresp avait voulu adoucir le propos pour qu'il soit plus accessible, plus facile à porter, mais pas plus simple ou moins élégant pour autant. Les agrumes semblent soulevés par cette note marine très subtile, la cascalone, que l'on perçoit à peine mais qui donne du souffle, comme si un vent de mer venait caresser les cuirs. Elle permet aussi à un accord iris-violette-cèdre, qui n'est pas sans rappeler un certain Fahrenheit de se soulever en douceur, pour ensuite faire corps avec un accord foin-sauge-tabac blond qui peut faire penser par certains aspects à Caligna, et que l'on retrouve aussi dans Colonia Leather. Le fond, un oud cuiré très doux, jamais "trop", se pose sur la peau comme si le sable du désert l'avait caressé. C'est doux, fin, d'une élégance indéniable.
 
Subtil et qualitatif, sans être aussi pointu que les deux autres parfums cités que j'apprécie déjà, celui-ci nous propose une version plus soft, peut être plus facile à porter mais autour des mêmes notes. Pour ma part, c'est un peu comme si l'équilibre avait atteint une forme de perfection. Normal, quand on revendique l'excellence automobile, on est habitué à plaire à une clientèle exigeante. Avec Le Parfum, Mercedes, par le biais d'Olivier Cresp confirme et signe là une belle réalisation. 

Ne dit on pas qu'un parfum est réussit lorsqu'il "lit" parfaitement l'esprit d'une marque. Il me semble, mais c'est très subjectif de ma part, que Firmenich est très doué dans ce domaine, et là, c'est confirmé. Le flacon, en outre, dans son étui en cuir et d'une vaporisation très fine, est plutôt réussi.

Alors, en voiture sur le cuir d'une limousine au milieu des sables du désert ? 

Illustrations : Mercedes Benz Maybach S 600, Mercedes Benz Le Parfum eau de parfum, disponible au Showroom des Champs Elysées.

vendredi 22 janvier 2016

Mercedes Benz Club : star design.

La marque à l'étoile s'illustre dans l'automobile depuis plus de 100 ans et a su, au fil du temps, se forger une réputation d'excellence en la matière. Excellence du luxe, exigence de qualité et de confort, technologie de pointe et design très abouti. Que ce soit en terme de style ou d'aérodynamique, la marque est à la pointe et souvent devant les autres. Quant à la qualité des produits, il suffit de regarder l'intérieur du tout dernier modèle de la marque pour s'apercevoir que la concurence aura du mal à s'aligner. 

Depuis quelques années, le groupe Incc, à qui appartient la licence parfums Mercedes Benz,a effectué plusieurs lancements, dont le premier Mercedes Benz tout court, est une fougère élégante, dont les notes à la fois vertes et fraîches comme une Cologne, légèrement ponctuées d'iris rappellent un peu Guerlain Homme ou Iskander. 
  
Aujourd'hui, je m'intéresse plutôt à Mercedes Benz Club, car j'ai été séduit, une fois n'est pas coutume, par le design du flacon. Pour une fois, j'ai accepté de faire abstraction du contenu pour me focaliser sur le contenant. Objet de design par excellence, le flacon de Mercedes Benz Club véhicule une idée de modernisme, d'élégance contemporaine, et les valeurs de la marque autour de courbes viriles et dynamiques, de matières nobles et masculines comme l'alu ou le métal brossé. Sa forme fait écho à plusieurs univers, plutôt masculins certes, car elle rappelle à le fois un rasoir, un téléphone portable, les traits des lignes des Mercedes actuelles, les grattes ciels des villes montantes, et constitue de ce fait à lui seul un objet décoratif, qui trouve sa place devant la glace de la salle de bain ou même, pourquoi pas, sur un meuble en déco. Massif, d'une prise en main facile et virile, d'une vaporisation parfaitement au point, il véhicule un univers de confort et de qualité tout à fait conforme à la marque. 

Que contient-il alors ? Ah ah, suspense. Et bien j'avoue que sans faire de vague ni révolutionner la parfumerie, les parfums Mercedes Benz Club, Club Extrême et Club Fresh sont bien exécutés, sans trop d'exubérance, avec des notes qui plaisent certes, mais sans véritable faute de goût.  Club est un boisé sec construit autour d'un accord oud assez fin, qui fait un peu penser à celui d'Elie Saab en moins brutal et assez discret. C'est l'élégance simple et mondiale de la marque. Club Extrême va plus loin dans l'opulence en ajoutant à cela une facette très orientale, sucrée et vanillée, qui fait plutôt écho à l'ostentation de certaines adaptations sportives un peu "bling" des Mercedes actuelles. Club Fresh, lui, c'est une fraîcheur boisée et menthée très sobre, fine et élégante, dynamique et solaire, très agréable et finement ciselée, comme les lignes des autos, c'est celui que je préfère. 

Voilà, j'avais envie de faire un petit tour du coté des voitures, ma seconde passion après le parfum, autour d'un flacon qui conjugue pour moi les deux univers. Et qui sait, peut être qu'un jour, votre chauffeur de taxi portera un de ces bébés ? 

Illustrations : Mercedes Benz Classe E 2016 et Flacon de Mercedes Benz Club.

samedi 16 janvier 2016

Ile Pourpre - Liquides Imaginaires 2016 : voyage en couleurs.

Liquides Imaginaires est une des mes marques préférées du moment, simplement je crois parce qu'en parfumerie, j'aime ce qui est créatif et jamais vraiment senti. Ainsi, quand il se présente quelque chose de nouveau, je m'emballe. Quand en plus le flacon, ou plutôt le capot, est un bel écrin, cela rajoute à l'enthousiasme. 

Après nous avoir fait voyagé dans à travers des évocations des quatre religions principales, au pays du vin puis dans des contrées automnales avec les Eaux Arborantes, Philippe Di Méo, créateur de la marque, nous envoie cette fois dans les iles, avec des Eaux plus fraîches et des évocations d'ailleurs...un ailleurs qui existe, ou pas ? 

Ile Pourpre est le premier opus de cette collection. Pétillant, acidulé est le premier mot qui me vient à l'esprit. Ile pourpre, pour rester pragmatique, m'évoque dès les premières notes les fabuleux berlingots Nantais à l'orange, on en saliverait presque. Suivent alors des notes évoquant la cuisine japonaise, avec l'odeur menthée, florale et piquante de la feuille de Shiso et des prunes umeboshi, qui ont une saveur à la fois acide, salée et sucrée. Ce coeur est soutenu par le fénugrec, note assez rare pour être soulignée et dont l'odeur, entre la noix et le moka, laisse une sensation très sèche dans cet environnement, et permet de faire une liaison intéressante avec les notes de bois secs cèdrées et la méthyl-laitonne, revendiquée par la marque et qui sent quelque chose d'assez poudreux, entre le santal et la figue... n'évoque-t-on pas une figue noire d'ailleurs ?
Le fond sur peau reste assez acidulé car tout cet ensemble semble ne jamais perdre de son équilibre à la fois vif et chaleureux. 

Diablement addictif, Ile Pourpre est typiquement le genre de parfum que l'on aimerait bien voire dans certaines marques grand public, car il est à la fois original et facilement acceptable pour un non initié. Une belle sensation acidulée à fleur de peau, qui vous accompagne toute une journée sans problème, et qui vous fait voyager dans une ile peuplée de fruits, de bonbons, de fleurs, de feuilles et de bois ! Complexe et simple à la fois, comme à son habitude, Liquides Imaginaires signe une nouvelle fois une jolie création, qui rend optimiste en ce début d'année. 

Illsutrations : peinture de Jacky Dumont, Liquides Imaginaires. 

jeudi 31 décembre 2015

En 2016, chaleur et transparence...


L'année 2015 se termine, et voilà que s'annonce la suivante. Pour tourner la page il semble que cette nouvelle année se présente sous un jour plus léger, plus vivant, autour de la chaleur et de la transparence. 

Tons chauds et matières précieusement luxueuses seront sans doute mises en valeurs dans les lancements qui s'annoncent : Cuir Vétiver chez Yves Rocher promet du cuir et du bois, tout comme Armani Code Profumo, dont les couleurs automnales d'un dégradé qui rappelle l'irish coffee promettent une senteur chaude et enivrante. Chaleur du patchouli profond et dense avec Monsieur chez Frédéric Malle, que l'on a hâte de porter aux narines.  

La transparence se dévoilera dans des tons pastels et irisés, sans doute dans des travaux qui exploitent de nouvelles molécules plus transparentes et scintillantes que les sociétés de matières premières présentent régulièrement. Les flacons se font rose soyeux, vert jade, blanc pur ou transparent, comme ceux de L12-12 pour Femme et de CK2. Gourmandise acidulée également annoncée chez Dior, avec Poison Girl, sans doute un futur succès, pour un public plus jeune dont Dior ne souhaite pas se priver. 
Tons irisés également pour ma gamme et mes futurs parfums, dont les packagings changeront pour mieux coller aux nouveautés sur lesquelles je travaille et apporter un peu plus de couleur et de gaîté dans un univers repensé. 

Voilà, voilà pour le moment ce que nous connaissons de se qui s'annonce, et, sur ce dernier court article, je vous souhaite un bon réveillon et une excellente année 2016. 

Illustrations : David Lachapelle, Lacoste, Armani.

lundi 14 décembre 2015

Ecrire...ou pas ?

Bonjour à tous. Vous l'avez sans doute constaté, mais depuis le mois d'Octobre, je n'ai pas publié un seul article. Je ne saurais vraiment expliquer pourquoi mais ce constat de la page blanche s'explique sans doute par plusieurs facteurs. 

Tout d'abord, l'année 2015 a été marquée de mon coté par la commercialisation de 5 premiers parfums, et cela demande un peu de temps, de concentration et beaucoup d'organisation pour que ce qui n'était qu'un lancement "avec le moyens du bord" devienne quelque chose de plus ludique, de plus sympathique et de plus à l'image de ce que je veux apporter en 2016. Sans doute vers Mars, juste avant le printemps, il y aura donc une nouvelle identité qui passera par de nouveaux flacons, des packagings revus et plus qualitatifs, deux nouveau parfums et un Ma Garrigue revue pour en faire une vraie Eau de Parfum et l'intégrer à part entière et définitivement à la gamme. 

Ensuite, l'année 2015 ne m'a pas vraiment marqué par ses lancements. Des parfums grand public assez plats et souvent construits sur des accords ou des travaux vus et revus, dans le but d'être efficaces mais pas vraiment créatifs. La prolifération des marques de niche crée aussi le trouble et le doute quant à ce que la parfumerie véhicule. Ici aussi, un positionnement prix élitiste ne signifie pas forcement beaux parfums, belles matières et créations qui font vraiment voyager. Trop souvent, on trouve encore du "Séphora +" à savoir des parfums qui n'apportent pas grand chose, autour de notes vues et revues, mais vendus plus cher. C'est assez déconcertant. 

Puis j'avoue, je suis en pleine période de page blanche, je ne trouve pas les mots ni la motivation pour écrire, même si j'ai encore quelques sujets dans les tuyaux. 

Je ne vous cache pas non plus que j'entame des démarches pour peut être un jour faire de la création de parfums mon métier, car cela m'anime, m'habite et me motive, mais le chemin est semé d'embuches et compliqué pour un autodidacte. 

Je vous demande donc un peu de patience avant que je ne retrouve un angle et l'envie de faire partager ce qui reste pour moi une passion. je vous dis à très bientôt en espérant vous retrouver aussi nombreux. 

Bonnes fêtes de fin d'année à tous. 


lundi 5 octobre 2015

Boss Bottled Oud - Hugo Boss 2015 : la boucle est bouclée.

Dans un article sur Aqua Di Parma Colonia Leather, je mentionnais un accord phare de la parfumerie, porté par le succès d'un parfum grand public : Boss Bottled. Depuis presque 20 ans, son succès est toujours installé et se maintient au mieux dans les ventes, et sa composition par Annick Ménardo est reconnue pour sa qualité. L'accord en question est construit autour de la pomme, de notes fruitées et framboisées, de bois de cèdre et d'une structure vanillée-cuirée. N'aurait-il pas été décliné ? Ah ah ! 

Poussez le à l'extrême dans Tuscan Leather de Tom Ford, où la framboise et les notes fumées ressortent principalement, il structure le parfum. Pour Colonia Leather, un de mes coups de coeur récents, assouplissez un peu la proposition autour des notes classiques de Colonia, et une petite pointe de foin. Digressiez légèrement l'interprétation chez Francis Kurjdjian, qui compose son Oud autour de cet accord, en lui donnant de la rondeur et de la souplesse. Un très joli "oud doux", comme j'aime à dire. Prenez ces deux derniers et mariez les pour vous arrêtez sur un compromis entre les deux, un oud fruité et boisé sur fond très doux, vous obtenez Oud Saphir d'Atelier Cologne. Cette année, revenez sur Boss Botlled, en prenant appuis sur un parfum déjà développé chez Procter, L'amoureux 6. 

Dans Boss Bottled Oud. L'envolée orangée très dynamique est relayée par le fameux accord "boisé fruité" orchestré par l'original, puis, le coeur est greffé d'un accord oud assez léger et finement ciselé, puis d'une construction cerise noire et de réglisse d'un bel effet. Le fond boisé de cèdre, vétiver et santal comme je le disais s'avère être étonnamment agréable et raffiné au porté, où sur moi, le vétiver chaud prend le dessus. Un des rares parfum que je porte qui encourage quelques compliments spontanés (et oui !). 

Avec cette dernière déclinaison, c'est un peu comme si la boucle était bouclée, comme si Boss Bottled avait trouvé dans cet ultime version un nouvel équilibre peut être plus dans l'air du temps, sans avoir perdu son aura d'origine. 

Illustrations : nejmacollection.com, Hugo Boss, Atelier Cologne.

dimanche 27 septembre 2015

Selfie d'Olfactive Studio, Aesthete de Le Galion : idoles des jeunes ?

Mais quel est donc le rapport entres ces deux parfums et le titre d'une chanson à succès des années 60 ? Aucun ? Ah ah ah, je suis sûr que vous êtes curieux de connaitre la réponse car moi, et bien j'en vois un. Il se situe dans une des matières premières clef de ces deux nouveautés, le davana. Thomas Fontaine et Vanina Muracciole travaillent ensembles depuis longtemps (savent-ils que j'aime leur travail?), à la fois chez Jean Patou, mais aussi sur des projets plus petits comme ces deux derniers. 

De Selfie à l'idole, s'aimer, se photographier soi même et devenir une sorte d'idole pour ses amis, le pas est facile ! Pour Aesthete, esthétique, esthète, qui aime le beau, idolâtrer une oeuvre est primordial. Mais pourquoi je tiens tant à insister sur le mot Idole

La réponse, bien que sans doute un peu tarabiscotée, est qu'Idole, un des parfums clé de Lubin, est un des tous premiers parfums à contenir et à mettre en valeur le davana, dans sa version Eau de Parfum.

Le davana est une matière riche et hyper facettée, qui sent le cassis mais avec une petite pointe pétillante et un spectre d'évolution assez long, qui lui permet de bien connecter avec l'ensemble des matières dans une création. Très présent en tête, ses notes sucrées accrochent facilement avec des notes boisées en coeur, et un fond assez crémeux, presque cuiré, permet quelques fantaisies sur les notes de fond, en matchant bien sur des notes fumées, cuirées et safranées en particulier (en tout cas dans ce que je comprends de cette merveilleuse matière fruitée). 
Dans Selfie, le davana donne ce départ très confit de fruits cuits (il me semble avoir déjà évoqué cela avec Céline Verleure d'ailleurs) pour partir ensuite vers des notes de sirop d'érable, proches de la noix, sur un fond assez santalé et quelques inflexions de oud. Vous voulez qu'on vous admire, foncez !!! Dans Aesthete, le départ est également confit et très fruits cuits également, mais il est travaillé autour d'un encens très appuyé et pointu, de notes boisées plus douces, rondes, chaudes et d'épices safranées, pour qu'il devienne très confortable, rassurant, assez "suédine fumée" dans son évolution. Vous appréciez la beau, n'hésitez surtout pas !!!

Les deux jeunes présentent plutôt bien et séduiront sans nul doute quelques idoles chez les jeunes, avec un coup de coeur personnel pour Aesthete (normal, j'aime le davana et les notes cuirées), mais l'ancêtre, notre cher Idole, ne retrouverait-il à travers ce spectre d'interprétations différentes, une nouvelle jeunesse ? A vous de voir !

Illustrations : Scentvision, Olfactive Studio, Le Galion.