dimanche 8 décembre 2019

Tubéreuse Mystique - Bvlgari 2019 : vanille baroque.

Le baroque est un art que l'on aime ou pas, car il a tendance à faire beaucoup de chichi, de fioritures, d'ornementations, mais pourtant, il fait partie de notre culture et de notre patrimoine européen, et plus particulièrement en Italie. Qu'un joaillier italien s'inspire de ce style dans ses parfums, est-ce étonnant, car c'est bien ce qui semble avoir inspiré Tubéreuse Mystique ? 

Pour comprendre ce dernier né de la gamme Splendida tout d'un bleu profond vêtu, il faut peut-être avoir cela en tête, car ce n'est effectivement pas aux notes de tête de ce parfum qu'il faut s'arrêter, mais bien le faire vivre sur peau pour l'appréhender au mieux. Baroque s'il en est, la tête parait chargée, brouillon, avec une note de fruits rouges marquée de davana et de cassis, qui vont de paire certes, mais aussi d'une pointe de lie de vin qui à mon avis fait directement écho aux vins que l'on buvait dans la Rome antique. Quelques épices collent à la peau, puis la tubéreuse crémeuse et onctueuse se dévoile, à la fois ronde, charnelle et opulente. Le plus impressionnant se passe au bout de quelques minutes, car c'est un fond doux de vanille et de myrrhe qui apparaît, très attachant et construit, la fleur charnelle s'est posée. Le sillage devient gourmand, mais pas mièvre. 

Des fruits, une fleur envoûtante, de la gourmandise, de la luxure même, un cocktail détonnant, surprenant au premier abord, mais qui se vit à même la peau, au fil de la journée, dans la plus pure tradition baroque et italienne. 

Illustrations : Athos Burez , Bvlgari parfums. 

samedi 30 novembre 2019

Cuir Bleu, par The Alchemist & l'Artisan pour Thierry Blondeau : good layering !

Vous savez quoi ? Je ne suis pas particulièrement fan des ateliers qui vous proposent de créer votre parfums sur mesure, car à moins de mettre le prix du "vrai" sur mesure, les autres se contentent d'assembler des bases plus ou moins équilibrées, qui donnent des résultats souvent très aléatoires, et pas très stables, ni sur peau, ni en sillage, et souvent encore moins en couleur de jus. 

The Alchemist et l'Artisan Parfumeur proposent une approche plus "pro", plus structurée, et sans aller jusqu'à créer un parfum à proprement parler (ces propos n'engagent que moi), la solution qui consiste à accompagner votre parfum L'Artisan Parfumeur d'un layering (superposition de deux accords ou parfums) qui vous serait propre et rendrait votre sillage plus unique me séduit plutôt. J'ai donc joué le jeu, et à ma grande surprise, il est ressorti de l'exercice une construction cuirée-verte, que je n'arrive pas à qualifier de parfum, mais qui me correspond complètement, un peu comme une signature unique. Plus encore, elle fonctionne plutôt bien avec Thé pour un Eté, Méchant Loup ou Patchouli Patch par exemple, avec des parfums d'autres marques que je porte, mais aussi avec toutes mes créations, de Aléa Jacta Est, à Santal Colada en passant par Jessy's Rose, Cuir des Ables, Cuir Extrême et Narcisse Emoi (particulièrement excellent complément à ce dernier d'ailleurs). Ceci tend à prouver que ces accords sont bons, très bien structurés, et peuvent en effet devenir de vraies signatures.

Et ça ne s'arrête pas là ! Vous pouvez demander à découvrir et même à vous offrir cette construction nommée Cuir Bleu crée par The Alchemist et l'Artisan Parfumeur pour Thierry Blondeau, car elle est entrée dans leur base de données. La technologie à parfois du bon, et là, je reconnais que le coté pro de la chose à de quoi séduire, et mérite que l'on s'y intéresse, pour un budget somme toute raisonnable. De plus, utilisée en layering, l'alchimie qui en ressort se consumera moins vite qu'un parfum.      

Et vous, avez vous vous aussi tenté l'expérience du layering, ou celle de The Alchemist ? Je n'étais pas adepte de la chose, mais là, je reconnais, ça fonctionne bien. Votre avis m'intéresse. 

Cuir Bleu, à découvrir dans les corners et boutiques qui possèdent The Alchmist Atelier et excéllent complément, donnant une signature très professionnelle à mes parfums : Thierry Blondeau Parfums

Illustrations : Nick Knight, The Alchemist. 


lundi 25 novembre 2019

Audacious - Nars 2019 : l'objet noir.

Pas facile de partir de rien quand on est une marque de maquillage, et que l'on veut faire un parfum. Le premier choix serait de suivre la tendance et de proposer quelque chose de facile, qui teste bien, de mignon, quitte à en faire un one-shot. Le second choix, plus mature, est de rester fidèle à son esprit, à son image et à son éthique et de penser à long terme, en s'installant dans le temps, avec un produit mature. Pour Nars, le second choix s'est imposé. L'objet est pensé, pesé, minutieusement choisi jusque dans les détails comme la boite, la texture, le graphisme, l'épaisseur du flacon, la couleur et les reflets et bien sûr, ce qui se trouve à l'intérieur. 


Audacious ! S'il y en a un qui va bien "faire le buzz" cette année, celui-ci est parti pour. Pourquoi ? Ma réponse est simple, claire, limpide : parce qu'il est beau ! Tout est beau, l'objet, la vaporisation et bien entendu la fragrance. On y retrouve bien la patte d'Olivia Giacobetti autour de l'encens et du lys, qu'elle a déjà travaillée dans Passage d'Enfer, ou dans l'Ether. Cette blancheur épurée, cette finesse d'exécution. Puis, l'iris de toscane pointe son nez, par petites touches, rappelant ça et là Iris Pallida ou Hiris. Enfin, et c'est là que je le trouve magnifique, on y découvre un absolu tiaré accompagné d'un accord frangipanier qui se fond à merveille dans le décor et lui apporte de la lumière, comme un rayon de soleil et de vacances. A la fois végétal et "sableux", sa signature est calme. L'ensemble est duveteux, confortable, jamais trop puissant, parfaitement dosé. Les notes se parlent et résonnent entre elles sans que l'on sache vraiment laquelle apparaîtra dans la journée. Pour ma part, je ne peux m'empêcher de faire le lien avec Nu d'Yves Saint Laurent, qui était aussi construit autour du lys et de l'encens, mais pour les avoir comparés, Nu est plus criard, plus évident, Audacious, paradoxalement plus réservé ...et pourtant. 


L'objet noir, tant convoité, est une petite merveille ...c'est assez rare il me semble.  

Illustrations : art digital Noir 3D et Nars

mardi 19 novembre 2019

L'Heure Perdue, la XIe Heure - Cartier 2015 : Manifeste d'Alchimiste.

Le temps qui passe, titre parfait et illustration parlante signée Fabienne Deguine pour illustrer l'Heure Perdue, cette onzième heure de la collection Les Heures de Cartier. Le temps passe et la parfumerie actuelle, celle du XXIe siècle, continue de revendiquer des ingrédients "d'origine naturelle" pour justifier une parfumerie soit disant éthique, mais surtout commerciale, alors que telle que nous la connaissons, elle ne peut se passer de la chimie. Le public et trompé, car pardon, mais le pétrole, quelle est son origine ?

En 2012, Yves Saint Laurent lançait Manifesto, comme une promesse faite à la femme d'être libre et d'écrire sa vie comme elle l'entend, mais en restant surtout bien dans les codes. Un manifeste pas très convaincant au final et qui surtout, apporte quoi ? 


En 2015 Mathilde Laurent, elle, signe un vrai manifeste, important, qui crie haut et fort que sans synthèse, sans chimie, il n'y a pas de parfumerie. Sans cela, ça n'en est pas, c'est de la toutouille, du mensonge. Perdez votre temps, perdez vos heures à essayer de convaincre, vous tournerez en rond. Mathilde le crie, Cartier la soutient :"dans cette Heure Perdue, je me rends, j'accepte de tout perdre, et prends le risque, il n'y aura rien de naturel, que de la synthèse, et la chimie prendra, ou pas". 


Aux yeux de la plupart des amateurs de parfums, ça a plutôt bien fonctionné, cette Onzième Heure est devenue magique, mythique car il se passe vraiment quelques chose. Comme une bulle de confort, l'Heure Perdue vous enveloppe d'un halo de tendresse, de gourmandise craquante mais pas mièvre, de chaleur rassurante, de douceur apaisante. On nous parle de Vanilline, de Muscs Blancs de synthèse, de surdose de Sulfurol à la note soufrée et santalée très puissante, de Coumarine, d'Aldéhydes , sans doute d'un peu de Salicylates, d'Ambrox à la note ambrée surpuissante, de Muscenone, très douce et confortable. Vous ne savez pas ce que c'est mais est-ce bien important ? N'est-ce pas le résultat qui compte ?  Une création, une oeuvre s'admire, se regarde, se contemple et finalement se porte, ou non, comme un manifeste d'alchimiste. 

Merci à Christelle, qui le porte à merveille dans un sillage tout doux, de me l'avoir remise sous le nez, et de m'avoir donné l'envie d'en parler. Une redécouverte, pour le vrai bonheur du parfum et de la création. L'Heure Perdue valait bien une heure pour la partager avec vous non ?

Illustrations : Le temps qui passe de Fabienne Deguine et Cartier. Ces deux œuvres ne vont-elles pas bien ensemble ? 

vendredi 1 novembre 2019

Thierry Blondeau Parfums : nouveau look pour une nouvelle vie ?


La vie change, le temps passe et l'on évolue.

Il  y a maintenant presque cinq ans que je lançais mes cinq créations. Début 2017, elles connaissent une première évolution en étant toutes reformulées afin d'être plus équilibrées, plus stables, plus qualitatives et plus riches. 

Cette année, il me semblait nécessaires de faire quelques ajustements pour que les choses évoluent et soient plus proches de vous. Cela consiste en quoi ? 

Un nouveau site internet, sur lequel vous pouvez commander de partout.



Un nouveau flaconnage pour les six parfums proposés : un flacon scellé pour une meilleure vaporisation et une meilleure conservation dans le temps, une meilleure prise en main, un nouveau bouchon en bois pour un univers plus intime, plus chaleureux.

Un nouveau prix : afin d'être plus proche de vos attentes et de mes valeurs, il me semblait plus juste de revoir le prix à la baisse. Les formules et les concentrations ne changent pas, ce sont toujours des eaux de parfum en 50 ml, mais le prix passe de 105€ à 85€.


Une boutique sur Paris : Harold, au 32rue des blancs manteaux continue de soutenir la distribution des six créations dans leur nouvelle présentation. Le prix boutique est le même que sur le site.  

Je vous souhaite une belle découverte à tous, et si vous souhaitez nous faire part de vos impressions, n'hésitez pas à laisser un commentaire ici ou à nous faire un retour par mail à l'adresse indiquée sur le site.

Thierry Blondeau

Illustrations : Thierry Blondeau Parfums. 




dimanche 20 octobre 2019

Braderie parfums collection personnelle.

Bonjour à tous, comme il est de coutume depuis quelques années maintenant, j'organise une braderie parfums où je vends une partie de ma collection qui prend de la place, et parce que je change.

Je vous propose de vous accueillir métro Ourcq le Samedi 09 Novembre 2019 à partir de 12h pour cette première date, qui sera peut-être suivie d'une seconde début Décembre (sans certitude).

Les détails du lieu et l'adresse seront communiqués sur demande à l'adresse olfactorum@gmail.com ou en message privé sur mon profil Facebook.

Au programme, quelques jolies pièces, le stock qui reste des anciens flacons de mes cinq premières créations bradé, de tous petits prix sur des parfums divers (grands publics, essais, petits formats, parfums peu connus).

Pour des raisons pratiques, je ne peux communiquer la liste précise et les prix de tout ce qui sera en vente.

Contactez nous si vous souhaitez passer !

Thierry : olfactorum@gmail.com 
Facebook : Thierry Blondeau ou Thierry Blondeau Parfums 

samedi 5 octobre 2019

Ambre Redoutable - Mugler 2019 : Shalimar vu par Koons ?

Revisiter les classiques, c'est un peu la philosophie de Mugler dans la collection des exceptions. Revisiter l'art et proposer un nouvel angle, de nouvelles formes, des nouveaux reflets, de nouvelles techniques, c'est la démarche de Jeff Koons. 

Ambre Redoutable, c'est un peu de cela, mais en parfum : prenez un accord classique, revisitez le et vous obtenez quelque chose de surprenant, qui casse les codes tout en les perpétuant de manière intelligente. 


Ici, la bergamote, la lavande et le patchouli de Shalimar cèdent la place à une envolée très "muglerienne", boisée et fraîche à la fois, que l'on pourrait presque qualifier de "fluorescente". La racine d'iris est remplacée par une autre racine, celle de la gentiane, aux tonalités amères de Suze et aux inflexions fumées. Le fond, lui, fait la part belle à la vanille, à l'opopanax et au ciste labdanum, grands classiques des parfums ambrés, et donne ainsi à ce parfum une filiation directe avec Shalimar déjà cité, et Musc Ravageur. Quelques notes familières à la marque comme le café se dévoilent sans crier, puis un accord cuir-oud aux notes animales intervient en sourdine, juste ce qu'il faut pour soutenir la structure. Pendant ce parcours et au porté, sur peau, la gentiane parle de temps à autres, comme pour signifier sa singularité, son originalité. 


Passé le choc des premières impressions, comme pour Koons, Ambre Redoutable se révèle redoutablement attachant au porté. Oserez-vous changer votre regard sur les parfums ambrés ? Oserez-vous cet ambre du futur, cet ambre très Mugler ? L'aborderez-vous comme une sorte de Shalimar vu par Koons ? 

Illustrations :  Baloon Venus par Jeff Koons - Mugler.