dimanche 26 décembre 2010

2010, année sympathique, les temps forts !


BONNE ANNEE 2011 !!!!

A la fin d'une l'année, j'aime bien faire un petit retour sur celle qui vient de s'écouler. 2010 fut une année particulièrement sympathique et marquée de quelques temps forts.

Janvier : après la découverte de l'Heure Promise et de White Suede, l'année commence en douceur, avec les parfums construits autour des muscs blancs.

Février :
c'est un mois assez calme, mais j'avais décidé de rendre hommage à une marque qui tient une place importante dans mon approche du parfum, l'Artisan Parfumeur, à travers quelques créations rares et d'autres plus connues.

Mars :
un mois encore plus calme, contrairement à 2009, mais une interview avec un parfumeur à connaitre, Fabrice Olivieri, créateur entre autre de parfums Bio pour Nature & Découverte, et du fabuleux Le 6 de Ida Delam, dont nous reparlerons en 2011.

Avril : mois particulièrement riche et essentiellement marqué par la participation quelque peu inattendue au Grand Prix du Parfum 2010, où nous sommes associés Poivrebleu, Graindemusc, Ambregris et moi même à des évaluateurs et journalistes pour choisir un parfum qui sera le prix des spécialistes. Avec une avance marquée, c'est La Treizième Heure qui l'emporte. Pour 2011, j'ai bien une petite idée mais rien n'est encore fait !

Mai : mai sera marqué par le lancement presse de Womanity, en présence de Thierry Mugler, Pierre Aulas et Joel Palix. Un parfum pas évident mais que nous aimons pour son parti pris olfactif dans un marché aseptisé. Je découvre également Nuit de Tubéreuse, Baudelaire et les derniers Bénéfit, puis choisi d'échanger avec vous quelques secrets de fabrications à travers quelques matières premières aux noms barbares, mais bien utiles.

Juin : mois très vif également, car marqué par l'interview de Frédéric Malle et de Maurice Roucel autour de Dans tes Bras, par la découverte de mon gros coup de coeur 2010 qu'est Jacomo Art Collection 02, et par un voyage dans un Berlin qui embaume le tilleul.

Juillet : rendez vous avec quelques bonnes affaires et découverte de deux amis, Cakos et Cakette, que l'on retrouvera sans doute quelques part en 2011.

Août : vide intersidéral et découverte de Bleu de Chanel ... vide intersidéral ! Un peu de fatigue tout de même car je ne relève même pas la jacinthe dans Bas de Soie ... c'est grave docteur ?

Septembre :
Habit Rouge fête ses 45 ans, acquisition d'un parfum cher et deux coups de coeur : un nouveau Love Chloé, et une valeur sûre Blenheim Bouquet, plus actuel que l'on peut le penser car recopié aujourd'hui par Dior avec Granville.

Octobre : un concours pour une soirée Terrible en perspective, une rencontre avec nos lecteurs se prépare et parfum de duel, de bimbo et de sensualité.

Novembre : le mois de la Rose, marqué par l'interview de Marie Hélène Rogeon, par la présentation de Jessy's Rose, dont je me rends compte que c'est un parti pris trop marqué qui rencontre un succès très relatif, mais qui est un vrai premier pas, et m'encourage tout de même à continuer en 2011 avec d'autres créations. Puis, c'est la découverte, avec une grande partie de la blogosphère francophone d'un parfum tout doux et vraiment bien fait qui n'est pas encore en vente.

Décembre : bien sûr, la soirée des lecteurs est un moment particulièrement marquant, qui nous encourage à vouloir renouveler l'expérience, à travers d'autres aventures parfumées. Jammin et Cruel Gardénia se dévoilent en parfums de la nuit, et un Bas Armagnac exceptionnel s'invite pour un Noël en famille.

Les coups de coeur de l'année :

Grand Public : Close de Gap, Love Chloé, Minuit Noir, Les 3 nouveaux Bénéfit, Midnight in Paris, Bulgari Man, The One Gentleman, Le Mâle Terrible.

Diffusion limitée et parfums de niche : Les 3 Jacomo Art Collection, Baudelaire, Portrait of a Lady, Nuit de Tubéreuse, Traversée du Bosphore, L'Eau Duelle, L'Heure Fougueuse, Mitzah.

Voilà, peut être pourriez vous en commentaire nous dire quels articles vous ont le plus plu, ceux que vous avez le moins aimés, et émettre quelques suggestions pour 2011 ? Qu'en pensez vous ?

Il me reste à vous souhaiter une bonne relecture et une excellente année 2011. Elle s'annonce également très riche en évènements et nouvelles aventures.

jeudi 23 décembre 2010

Bas Armagnac Baronne Jacques de Saint Pastou 1948 : approcher l'exceptionnel !

Je reviens plus tôt que prévu, car il vaut mieux en parler avant demain soir finalement !

Novembre 2010, il fait froid et il pleut. L'humeur maussade, nous décidons tout de même avec un ami d'aller faire un tour Porte de Versailles au salon des vignerons indépendants. Accès difficile, bondé à cause du salon de l'étudiant qui se tient en parallèle, une heure et demie après être partis, nous nous glissons parmi la foule pour atteindre enfin l'entrée ! Surprise, nous ne sommes pas seuls amateurs de bons alcools ! Les producteurs également sont très nombreux. Il faut donc cibler la recherche. Peu inspiré et n'ayant pas tant d'occasions que cela d'épuiser ma propre cave, je laisse mon ami choisir de me conduire pour humer quelques Chablis et Corton, en trouvant quelques bonnes surprises. Je garde tout de même une idée en tête mais je ne croise pas les stands qu'il faut, jusqu'à ce que je tombe sur celui-ci...

N'ayant rien à prouver, Pierre offre ses fioles de Bas Armagnac Baronne Jacques de Saint Pastou à la dégustation avec un entrain qui en dit long sur sa confiance !

Prudents mais un peu sceptiques quand même car nous connaissons quelques illusionnistes du goûts et des papilles très présents dans ces salons, nous nous approchons.

- "Par où voulez-vous commencer ?"
- "On vous fait confiance !"

Nous commençons donc dans les années 80 pour remonter ensuite le temps sur 3 ou 4 verres de dégustations, déjà bien convaincus. Nous sommes en 1956.

-" Et le 1948, c'est vraiment autre chose ?". Il ne dit rien et tend la basquaise pour verser un peu de son breuvage dans nos verres.

Ouhh ouh ! Ouh lala !! Waouh !!!

Vous êtes blasés des mauvais parfums ? Un premier nez de ce Bas Armagnac vous remet dans le droit chemin, car c'est encore mieux que les meilleurs : je pense immédiatement à un chypre ancien comme Cabochard vintage de Gres, à la couleur automnale de Knowing d'Estée Lauder, à la richesse ambrée et miellée de Patchouli de Réminiscence et à la profondeur cuirée et épicée de Tabac Blond de Caron. Quelles références !

Les premières impressions sont donc chyprées. Une rose ancienne fraîche se présente accompagnant le pruneau confit et un effet boisé qui me rappelle le patchouli et la mousse de chêne. C'est normal, il a vieilli en cave et en fut pendant plus de 50 ans. Quelle richesse, je n'en reviens pas !

S'en suivent une succession de notes épicées comme la cannelle, le clou de girofle et le poivre blanc, du miel, des notes ambrées et torréfiées de café et de pain grillé, voire même des inflexions de tabac, comme pour un bon cigare. La vanille et des notes goudronneuses qui rappellent le cuir de Russie se glissent dans l'ensemble dans un équilibre parfait, sans jamais dénoter ou prendre le dessus. Il y a même de l'animal là dedans, comme ces bons vieux muscs riches et sensuels encore utilisés en parfumerie à l'époque pour reproduire des effets similaires. Tout cet ensemble cuiré-animal constitue comme une charpente. Le raisin a fournit le sucre et le miel de la matière, le fut à fourni la couleur, la patine, mais aussi le goût, le temps l'a magnifié. En bouche, c'est la même explosion, car il est très fidèle à son nez, mais il est encore meilleur en lui laissant le temps de se réchauffer, de s'arrondir pour dévoiler toute sa richesse !

Le plus surprenant quand même, c'est l'évolution dans la dégustation. Au bout de quelques minutes et dans le fond de la bouche et du verre, ce sont des notes aromatiques de thym et de sauge qui se dévoilent, alors que dans un parfum, elles auraient joué leur rôle en note de coeur.

Pendant l'heure qui suit la dégustation, je n'arrive plus à me concentrer sur autre chose. J'ai ce magnifique bouquet en tête et je n'en démords pas, c'est exceptionnel, et il ne reste vraiment plus qu'une basquaise de 700ml sur le salon !

Bien décidé et convaincu, Pierre n'a pas beaucoup d'effort à faire. Nous repassons sur le stand car bien sûr, je craque. Je culpabilise un peu pour le prix, mais pas tant que cela, car tout bien considéré, il y a plus de corps que dans le dernier Ellena à plus de 150€ et c'est moins cher qu'un parfum vintage en bon état. Il y a bien des charlatans sur ces salons, mais il existe aussi des maîtres. Rendre hommage à cet art où le temps, comme beaucoup d'autres facteurs, écrit sa patte dans cet opus de 62 ans d'âge, c'est un beau trait d'union, car le goût du parfum n'est pas si éloigné !

Tel un tableau de Turner, ce Bas Armagnac Baronne Jacques de Saint Pastou 1948 capture les couleurs et les matières dans des nuances chaudes d'or et de miel. Un plaisir, qui sera partagé pour Noël. Prendrez vous vous aussi un petit digestif d'exception ?

Un très joyeux réveillon de Noël à tous et soyez prudents sur les routes, car la neige s'invite au rendez-vous !

Illustrations : William Turner. Site :
armagnac-saintpastou.com

samedi 18 décembre 2010

Noël Gourmand !

Cette année pour Méchant Loup, Noël sera placé sous le signe de la gourmandise, car les parfumeurs on su faire preuve de créativité autour de notes délicieuses et régressives, sans forcement jouer sur la facilité. Alors voici une petite sélection de plaisirs à offrir, se faire offrir ou à s'offrir pour un Noël 2010 gourmand :

Jacomo Art Collection 02 : pâte d'amande, noix de coco, café, soutenus par une note de cuir doux, ce parfum est un de mes plus gros coup de coeur de 2010. Celui ou celle qui souhaiterait l'offrir ou se l'offrir devra s'armer de courage car hormis sur le site internet de la marque ou dans les parfumeries Beauty Succes du Sud-Ouest de la France, cette collection est introuvable ... vraiment, quel dommage, car on en redemande !

Midnight in Paris de Van Cleef & Arpels : nous sommes quasiment tous d'accord. C'est un des lancements les plus intéressants de cette rentrée. Pourtant, à priori, la marque ne misait pas beaucoup dessus car elle n'a pas choisi de lancer l'eau de parfum dans un premier temps. Pourtant, sa présence sur les linéaires des parfumeries semble confirmer un certain engouement. Ce parfum, c'est du miel, de l'ambre sucrée comme une corne de gazelle, paré d'iris et de cuir, duo encore et toujours aussi sensuel et éclairé par les facettes florales classiques de l'accord muguet. A mi-chemin entre Dior Homme et Black de Bulgari, franchement, même le flacon mérite le détour. Vous pensiez offrir Bleu, détournez vous vers ce Midnight in Paris, vous ne le regretterez sûrement pas.

L'Eau Duelle de Diptyque : vous aimez la vanille, éternel séduisante et sans risque ? Celle-ci vous habillera d'une guirlande de notes épicées qui se battent en duel avec un voile d'une vanille épurée, légère et débarrassée de notes trop collantes et ambrées. Du beau travail.

Mi Fa de Réminiscence : Mi Fa joue sur la guimauve, capturée dans le sucre la fleur d'oranger, qu'elle habille de sucre glace, de mandarine et de grenadine. Aussi craquant et léger qu'une meringue, il séduira celles qui aiment les parfums fruités et gourmands mais qui n'aiment pas la lourdeur de notes trop vanillées, d'amande ou de chocolat. Allez, on craque ?

Carmella de Bénéfit : un peu puissant, il faut bien le reconnaître mais quelle créativité ! Un agréable cocktail aux notes de rhum, d'ananas et de noix de coco crémeuse. Tiens, cela me rappelle une certaine recette de Pina Colada ! Allons donc voir si on la trouve dans le livre La Cuisine des Nez ? Il faut oser mais au moins, Bénéfit a osé, et rien que pour cela, et comme en plus ce n'est pas le parfum de tout le monde, j'adore !

Traversée du Bosphore de l'Artisan Parfumeur : un loukoum à la rose, saupoudré de sucre glace, dont la forme travaillée rappelle aussi les tulipes d'Istanbul. Lumineux au moment où vous le mettez sur peau grâce à la pomme et au gingembre, il se glisse ensuite dans un fourreau de cuir souple et d'iris tel le parfum d'une fumerie de narguilé, pour revenir ensuite sur votre peau comme le sucre accroché en bouche... un régal d'équilibre !

Minuit Noir de Lolita Lempicka : on aime ou on déteste mais il a au moins le mérite de prendre des risques sur un territoire olfactif et gustatif pas évident : la réglisse et l'anis. Son départ violette-iris plus percutant que dans Lolita Lempicka l'original vous emporte ensuite vers l'anis, la cerise noire, la pâte d'amande, ce qui me rappelle un peu La Petite Robe Noire de Guerlain. Bien sûr la réglisse l'en distingue, mais je le trouve diablement original et sensuel et de surcroit plus distingué que son ainé.

Voilà pour le sucré, mais le salé aussi nous donne rendez-vous.

Bang de Marc Jacobs : quoi de plus explosif que les notes poivrées pour exprimer le "bang" ? Après un départ follement original de poivre et de rhubarbe, Bang s'aventure sur un terrain épicé et boisé, très linéaire mais chaud et sensuel, qui joue sur la virilité sans tomber dans la caricature car elle reste peu brutale. Une communication kitch et décalée et un flacon intéressant, voilà encore un courageux qui se distingue cette année, comme son inspirateur qui s'est sacrément musclé et prend des risques en s'exposant ! En France, il faut aller le chercher dans les boutiques Marc Jacobs .... allez comprendre mais ça vaut le coup.

I Love les Carottes de Honoré des Prés : la carotte et l'iris sont très proches olfactivement. Est-ce parce qu'ils poussent tous les deux dans la terre où ils vont chercher leur richesse olfactive ? Ils sont souvent rejoints par la violette qui elle non plus ne pousse pas bien au dessus. Toute cette petite famille terrienne a donné naissance à une flopée de matières premières parfum très proches, grâce à laquelle Olivia Giacobetti a pu créer ce parfum dans un équilibre salé terreux doux et sensuel. Original en diable et pas du tout importable !

Voilà, quelques idées bien agréables en bouche et sur peau qui m'amènent à vous souhaiter un très joyeux Noël à tous car je ne crois pas faire de nouvel article d'ici là ! Profitez en bien et rendez-vous la semaine prochaine sur un autre territoire de l'odorat ... après les fêtes.

lundi 13 décembre 2010

Cruel Gardénia - Guerlain 2008 : diamants addiction.

Mais pourquoi est-il si cruel ? C'est la question que l'on peut se poser en découvrant ce gardénia à priori bien innocent. C'est qu'il cache bien son jeux car à bien y regarder, il dévoile ses charmes, l'air de rien, jusqu'à rendre dingue, et provoquer l'addiction.

Cruel, car sa magie, c'est d'avoir capturé la note fleurie et lumineuse du gardénia dans un accord d'aldéhydes et de muscs blancs assez simple... à priori. Bien avant lui, cette lumière un peu froide, électrique et légèrement métallique avait été capturée dans des parfums comme Calandre de Paco Rabanne ou Rive Gauche d'Yves Saint Laurent, tout deux dans un esprit couture, comme pour évoquer les aiguilles de la couture.

Cruel car Guerlain n'étant pas couturier, c'est dans un autre univers que s'inscrit pour moi ce Cruel Gardénia : celui des diamants, les vrais, scintillants, étincelants aux mille facettes. Taille de policeMeilleurs amis de la femme, meilleurs amis des robes de couturier, les diamants sont éternels car ils ne rayent jamais. S'ils devaient avoir une odeur, elle serait proche de ce parfum.

Cruel, car brillant, facetté, ciselé comme un diamant brut, il brille dans sa limpidité et sa simplicité. Maîtriser un tel équilibre dans le choix et l'harmonie des matières premières demande du talent, et c'est parfaitement réussi de la part de Randa Hammani et de Sylvaine Delacourte.

Point de notes trop florales, point de fruits, point de bois, rien de terreux puisé dans la fleur de gardénia, mais plutôt un effet froid, minéral, une fraîcheur métallisée. Un voile de muscs doux appuyés sans doute par une petite touche d'un patchouli très pur et très sensuel, sur peau, il s'illumine, il brille tel une rivière de diamants. Il n'est donc pas si innocent ?

Cruel, il l'est aussi pour les hommes, car, reprenant le cocktail aldéhydes - muscs dont on sait qu'il agit sur eux comme un pot de miel pour les ours, s'ils le respirent sur la peau de leur bien aimée, ils auront sans doute envie de ne plus la quitter tellement il la sublime de son sillage pointu et féminin. Le charme caché opère, la femme et son homme sont accros.

Une telle addiction, ça fait vriller la tête, et il faut avoir un peu de moyens. Vraiment trop cruel !

Illustration : David Lachapelle, Guerlain.

mercredi 8 décembre 2010

Soirée des lecteurs du 30 Novembre 2010 : le résumé !

Il fait froid dehors, mais au 2e étage du 49 avenue de l'Opéra, dans les locaux de Thierry Mugler, un petit groupe d'allumés s'affaire. Préparation de flacons, alignement de touches à parfums, rangement de tables et mouvement de chaises, tout doit être prêt pour accueillir les invités. L'impatience nous guette, le stress aussi nous gagne un peu : comment vont ils réagir ?

Puis vous arrivez, souriants, détendus, certains nous connaissent et nous connaissons certains d'entre vous, pour d'autres, c'est la découverte, la première rencontre.

La soirée se passe, et entre les trublions avertis du fond de la salle et les passionnés pour qui les coulisses du parfum sont une découverte totale un peu magique, tous participent dans un esprit très joyeux et bon enfant.

Autour de 8 accords de base développés pour Osmoz et les Ateliers de parfum Thierry Mugler dans un coffret "les accords mythiques", nous avons choisi de vous faire découvrir les parfums qui nous parlent. Pour ma part, j'ai volontairement écarté des valeurs étalon que beaucoup connaissent pour concentrer mes choix sur des parfums évocateurs de l'accord en question, et sur lesquels, bien sûr, j'avais des choses à dire.

Vous pourrez découvrir les choix de Juliette de Poivre Bleu et de Sophie de Mybluehour sur leurs blogs respectifs très bientôt, car nous avons décidé de publier au même moment, mais avec des emplois du temps différents.

On part pour un résumé des choix de Méchant Loup ?

Accord Hespéridé - Blenheim Bouquet de Penhaligon's : les agrumes, citron, mandarine, bergamote, orange envoient leur fraîcheur sur un lit d'aromates (thym et origan), de bois de cèdre et de pin. Une valeur sûre et simple pour se sentir bien.

Accord Aromatique - Fou d'Absinthe de l'Artisan Parfumeur : basilic, estragon, anis forment un accord qui rappelle l'absinthe. S'en suit la lavande, le romarin et un cortège de géranium, d'épices, de cèdre et de notes ambrées très douces. Il se colore en fonction des peaux, c'est fou !

Accord Fleurs Blanches - Beyond Paradise d'Estée Lauder : 1988, voyage à la réunion et découverte de la vraie fleur de frangipanier, le choc ! En France, il n'y a aucun parfum qui sente cela à l'époque. 2004, découverte de ce parfum, connexion immédiate : c'est l'odeur naturelle de la fleur que j'ai sentie là bas ! Entre le lys et l'accord typique des fleurs blanches ou solaires, Beyond Paradise est un coup de foudre qui perdure encore aujourd'hui. Il m'envoie dans un jardin d'Eden futuriste, et c'est un sacré parti pris pour une marque mainstream.

Accord Boisé - Méchant Loup de l'Artisan Parfumeur : bien sûr, je ne pouvais pas passer à coté. Evocation de feuilles mouillées, de noisette autour d'un cèdre doux, ce parfum est celui qui me définirait le plus. Très tabac blond anisé sur ma peau, j'aime le retrouver pour me retrouver.

Accord Chypré - Folie de Rose des Parfums de Rosine : Soir de Lune ou Miss Dior ??? Choix difficile, mais mon premier était peut être un peu trop brut et mon second était oxydé. Alors mon choix s'est portée sur le challenger. Folie de Rose est un floral chypré boisé très caractéristique autour de la rose, du patchouli, des bois et des mousses, il reste mon favori dans cette marque avec Rose d'Homme. Un classique à redécouvrir à mon sens.

Accord Oriental - Labdanum de Séville de l'Occitane : Le Labdanum est un constituant indispensable d'un parfum ambré, il est ici habillé de notes de pain d'épice, de miel, de fruits confits, de tabac blond et de cuir. J'aime car c'est un parfum doré, comme les couleurs de Séville ou les reflets d'un bon bas-armagnac. Senti à l'aveugle, il semble faire son petit effet ! A connaître et éventuellement à posséder sans scrupule.

Note Musquée - Lacoste pour Femme de Lacoste : à l'heure où Lacoste surfe sur son image un peu pop et assez 60's, je trouve bizarre que la marque ne choisisse pas de communiquer plus sur ce parfum. Très représentatif d'un travail autour des muscs blancs fruités, doux, cocon, il met aussi en évidence une facette que j'ai qualifiée de vinylique tellement il me rappelle le plastique des poupons, des bouées pour enfants et les robes en vinyle de Emma Peel ou de Twiggy. Le tout habillé d'un bouquet de roses, d'anis et de fleurs blanches. Si le flacon était relooké dans l'esprit de leur gamme de vêtements actuelle, il mériterait un second souffle, mais cela n'engage que moi.

Note Epicée - Poivre Cachemire d'Olfactorum : j'ai longtemps hésité à l'inclure à la sélection mais les filles m'ont encouragé à le présenter. C'est une création personnelle évocatrice de l'Inde d'où les tissus en cachemire imprégnés de patchouli arrivaient au début du siècle pour habiller Paris. Le parfum est construit autour du poivre, des notes épicées du patchouli, et du cashmeran. Un parti pris, que je n'ai pas le sentiment de sentir à tous les coins de rues, et c'était bien le but. Comme Jessy's Rose, il pourrait bien voir le jour en 2011. J'avais choisi de le porter pour cette soirée.

Merci à tous les participants, à très bientôt, et pour les quelques-uns qui n'ont pas pu y assister, il y en aura d'autres. Un grand merci également à Constance et Camille de l'équipe des Ateliers de parfums Thierry Mugler et à Osmoz, ainsi qu'à Aurélie, pour leur soutien et leur aide.

Pour une idée cadeau ou continuer l'expérience, retrouvez les ateliers proposés sur le site : ateliersparfums.com

Illustration - photos de Irina Raza : les lecteurs dans la salle - L'équipe de choc avec de gauche à droite : Aurélie, Juliette, Constance, Sophie, et Méchant Loup - Aurélie préparant les touches à sentir - Twiggy - Le Figaro Pose en Cachemire - l'Artisan Parfumeur.

jeudi 2 décembre 2010

Jammin - Reminiscence 2006 : underground calling !

Berlin, mi-Août, chaleur étouffante. Let's go for a walk and dance all night long. Il est 18h, le soleil est encore vif. Direction Ostbahnhof pour le club Yaambeach au bord de la Spree. Il n'y a pas foule mais les clubbers arrivent petit à petit. Aller, let's have a drink, caipirina à volonté pour tous !

J'enfile les lunettes de soleil car il tape encore et passe un peu de crème solaire aux notes de frangipanier et de tiaré. Nous ne sommes pas des anges, alors une amie nous prépare un petite recette pour nous faciliter la soirée... effluves interdites de chanvre nous arrivent au nez et nous bercent lentement. La musique, reggea, raga, ska imprègne l'atmosphère encore un peu froide. La fumée marque nos vêtements de sa puissante odeur boisée et fumée, un peu crin de cheval.

Caipirinia, fumette, la musique devient plus lounge à mesure que la nuit tombe, pour s'envoler vers des élans de dub et de techno. L'atmosphère se réchauffe, Berlin m'appelle, la chaleur monte, et mon excitation aussi. Je deviens moite, et des effluves de lessive dont l'odeur m'évoque le jasmin synthétique, la tubéreuse et la fleur d'oranger remontent de mon haut de survet adidas vintage vert kaki à trois bandes jaunes déniché en friperie. J'éloigne un peu les relents de bourgeon de cassis de mes skets confortables mais un peu craspouilles quand je les retire pour m'allonger un moment au bord du fleuve qui sent la vase. Elles me suivent en clubbing, je les adore !

La soirée file, j'ai la tête qui tourne un peu, caipirinia et cigarettes ne font plus très bon ménage. Je me dirige vers le chil out, une pièce humide où trainent quelques fauteuils qui sentent les vieilles voitures ou la facette humide du patchouli. J'aime cette ambiance, je m'en imprègne, je la vis intensément le temps de ce repos. Encore une petite fumette, et, avant de retourner sur le sable qui fait office de dancefloor en plein air, je passe par le lavabo pour me rafraichir. Tient ! La savonnette jaune sur son support, elle sent "le savon", un peu le citron, la lavande et une fougère à l'ancienne ! Cool ce souvenir d'enfance, mais bien sûr, ce lieu désaffecté en bordure de la Spree n'est pas récent. Je suis bien, détendu, je plane au son de la musique de Zoe et Paul Kalkbrenner qui nous transporte. Nous rêvons sur la trance ! Nous rentrerons très tard, la tête dans le pâté.

Le lendemain, quelques aspirines et de bons légumes frais nous requinquent. Je retrouve les réminiscences de cette soirée au Yaam quand je prends Jammin sur l'étagère de la salle de bain pour en mettre un peu. Que de souvenirs dans ce flacon aux couleurs de Bob Marley !

J'aime car comme d'habitude chez Réminiscence, Jammin est un parfum qui raconte une histoire, pour des vraies gens, et le parfum, c'est cela avant tout, et pas seulement les dorures et les paillettes d'un luxe censé faire rêver. A l'heure où le coté trash de John Galliano a cédé aux sirènes des fruifuits et des fleufleurs dans son dernier Parlez moi d'amour d'une débilité* qui devient franchement dérangeante, qu'il est bon de retrouver un peu de laisser-aller et de caractère sans compromis dans ce Jammin. Un vrai parfum underground, à porter dans un esprit Berlin Calling ou pour se mettre dans l'ambiance un peu décadente de l'exposition Jean Michel Basquiat au musée d'Art Moderne de Paris.

Une nouvelle vibration de Jammin, Jammin Vibration, plus solaire plus lumineuse, plus vacances, mais tout aussi intéressante est prévue pour février 2011.

*Débilité : état d'extrême faiblesse ou d'insuffisance de développement intellectuel.

Illustration : Jean Michel Basquiat, jusqu'au 20 Janvier 2011 au musée d'Art Moderne de Paris. Réminiscence.

lundi 29 novembre 2010

Eau d'Issey Florale - Issey Miyake 2011 : rose câline.

Chut, elle dort encore, ne la réveillez pas trop tôt ! Elle prépare tout doucement ses premiers pas pour février prochain. Autour d'elle, pas trop de bruit, pas trop de souffle, juste le murmure d'un frisson de rose câline.

Ses pairs sont de grands noms. Ils se nomment Issey Miyake et Alberto Morillas, les femmes qui lui donnent naissance sont plus secrètes, mais il ne faut pas les oublier.

Pas trop de bruit, car elle est toute douce, pas trop de souffle car elle ne crie pas sa force à outrance. Murmure de rose câline que l'on retrouve en son sein : claire, à peine éclose, presque sous forme de bouton, son parfum de rosée du matin laisse présager un sillage léger, aérien et caressant.

Bien entendu, elle porte les traits de sa grande soeur Eau d'Issey : la rose bien sûr, mais pas tout à fait la même. Une rose, que je qualifierais de cosmétique, celle qui parfume délicatement produits de soins et lotions hydratantes, et dont les exemples emblématiques sont Rose de Roger & Gallet, Zeste de Rose de Rosine et Rose Splendide de Annick Goutal. Son visage se dessine autour de l'hédione, grande caractéristique de sa famille, si finement jasminée, et de quelques pétillements de mandarine. Les principaux traits de la lignée étant les notes marines, elles sont bien là. Mais l'évolution génétique ayant permis de développer un nouveau chromosome de calone, moins "huitre", plus "rosée fraîche", elles se font plus calmes et lui donnent même des airs épicés et marins de lys. Douceur de velours, que lui ont transmis de beaux bois blancs aux accents d'ambre et de muscs blancs, je remarque tout de même un petit soupçon de note fumée que je trouve très qualitatif. Assurément non, me répond l'un de ses pairs, ceci est sans doute un effet créé par la combinaison des bois "blancs" et de la rose marine. C'est tout de même très discret lui fis-je remarquer. Rien que pour cela, sa lignée le situerait entre la rose simple et cosmétique de R&G, et celle très délicate de Annick Goutal. S'il n'y avait cette parenté marine, elle passerait presque, à l'aveugle, pour un enfant de la famille Rosine ! Beau compliment me semble t-il ?

Alors, avant qu'elle ne se réveille au grand jour, savourez un petit peu son sommeil ... Avant ses premiers pas, l'Eau d'Issey Florale dort. Peau de velours sur rose délicate, n'est ce pas un joli bébé ? C'est une fille, encore un peu de patience ....

Je suis certains que les enfants qui auront la chance d'avoir une maman qui porte ce parfum partiront déjà dans la vie avec de beaux repères olfactifs. Rose douce et japonisante, très "peau de bébé câline", L'Eau d'Issey Florale sera disponible à partir de Février 2011 en France.

Illustration : Ann Geddes et Issey Miyake, Pale of Rose Jacqueline Miguel
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Le mois de la rose se termine, alors pour en profiter encore un peu avant les fêtes si vous le souhaitez, sachez que pour tout achat d'un flacon de
Jessy's Rose en Eau de Toilette, Extrait ou Extrait Exclusif, le petit livre Le Roman des Roses vous est offert en cadeau. L'histoire de la rose, son traitement en parfumerie, les différentes variétés, il est très bien fait, très agréable à feuilleter et instructif. Peut être une idée cadeau pas trop chère ? (présenté ici avec l'Extrait Exclusif)

dimanche 21 novembre 2010

Very Irrésistible Cèdre d'Hiver - Givenchy 2010 : sillage vers le futur.

Pour ce "mois de la rose", je voulais vraiment inclure Very Irrésistible de Givenchy car ce parfum offre un véritable propos autour de la rose. Oui mais voilà, comment parler d'un parfum que l'on aime pas ? Autour d'un code couleur aussi cliché que le rose flashy, Very Irrésistible est pour moi un des parfums qui m'insupporte le plus dans le style "je suis une fille et je porte un parfum qui sent bon le parfum". En plus d'être fifille et parfum, il est souvent sur-porté, sur-dosé, car celles qui le choisissent n'ont pas la main légère. J'ai alors voulu explorer les récoltes, qui revisitent chaque année le parfum original autour d'une récolte exclusive de rose damascena de Turquie, mais au final, ça ne change pas la donne.

Pourtant, ce qui me plait dans Very Irrésistible, c'est la traduction d'une rose futuriste charnue et miellée construite autour d'une rose anisée et boisée, dont le sillage "sort" littéralement dans une vision en trois dimensions et holographique pour envahir et dévorer son entourage. Une sorte de parfum alien, comme sait les faire Dominique Ropion. Par curiosité, je me suis donc tourné vers l'édition limitée de Noël de cette année. Ouf, je tenais là, enfin, l'angle de mon article !

La trame de Very Irrésistible est bien là dans la dimension qui me plait, mais tout ce qui me gênais dans l'original s'atténue, s'apaise, s'adoucit et qui plus est, devient plus rose naturelle. La note dite de "cèdre d'hiver" est en fait un assemblage de vrais cèdres de Virginie et de l'Atlas avec d'autres notes qui en sont dérivées qui prennent des accents de muscs blancs ou d'ambre clair. Quelques gouttes qui me font penser à de la mandarine et à un abricot bien juteux (on nous parle de cassis et de magnolia), donnent à la rose flashy de Very Irrésistible des teintes plus orangées et givrées. La sensation globale est plus cotonneuse, plus blanche, plus douce avec cette impression que des gouttelettes argentées que m'évoque le cèdre émanent du sillage. Par des petites touches qui rappellent les fûts de chêne, les parquets cirés et le miel, ces bois accentuent également les facettes traditionnelles que l'on trouve dans les beaux parfums construits autour de roses anciennes. L'équilibre passé-futur, rose classique et framboisée - rose holographique, sillage puissant et doux me parait ainsi plus maîtrisé, plus équilibré, plus charnel, plus chaleureux aussi. Parfait pour l'hiver au coin du feu ?

Cette édition limitée est pour moi, avec la sensuelle, la meilleure interprétation de Very Irrésistible car elle conserve la vision d'une rose futuriste autour de matières plus nobles, plus travaillées et mieux choisies. Un retour de la rose traditionnelle dans une vision vers le futur en somme. La teinte beige rosée du flacon est de surcroît très séduisante et plus raffinée. Cette déclinaison Cèdre d'hiver de Very Irrésistible tombe donc à pic pour inclure une rose au sillage futuriste et orangée en ce mois de Novembre, et me fait porter un regard neuf sur un parfum qui me déplait. Dommage qu'elle ne soit qu'une édition limitée !

Illustration : Contest by Acelia, Givenchy, rose rouge orangée.

mercredi 17 novembre 2010

Jessy's Rose - Olfactorum fête ses 2 ans !

Il y a bientôt deux ans naissait l'idée d'Olfactorum. Et il s'en est passé des choses en deux ans ! Ecrire sur le parfum m'a permis de vivre pleinement une passion, mais aussi de rencontrer des personnes formidables, tout aussi passionnées, et des professionnels, parfois même des parfumeurs. Ce petit bonheur, j'essaie de le partager avec vous.

Aujourd'hui pour cet anniversaire, j'avais envie de franchir un pas que je voulais réaliser depuis de nombreuses années : passer enfin à l'action et faire fabriquer une de mes formules pour la voir un jour en flacon. Un rêve, qui après deux tentatives plus ou moins réussies devient petit à petit plus concret. Pour franchir ce pas, Jessy's Rose était ma formule favorite et celle qui parlait peut être le plus du stade où j'en suis à ce jour. Un premier pas ? Peut être ?

Jessy's Rose est avant tout une histoire, car je l'ai créé pour faire plaisir à une amie, Jessy, qui ne m'avait rien demandé. Je ne connaissais que ses parfums favoris, avec une évidente préférence pour des chyprés floraux où je devinais une trame commune autour de l'accord rose-patchouli. Jessy, qui n'aimait pas la rose à priori, ne savait pas que c'était un fait le pilier de ses parfums, même s'ils étaient plus complexes qu'une simple rose. J'ai alors pris le risque de travailler une rose en soliflore tout en faisant ressortir le coté chypré. Je ne la voulais pas classique ou trop ancienne. La rose de Jessy devait être lumineuse et chaleureuse, à son image.

J'ai donc d'abord mis en avant le coté pétillant et citronné de certaines roses, dans une envolée vive, verte, un peu piquante, avec un effet gentiane qui rappelle volontairement la tige et ses épines. Très vite, le sillage dévoile des notes solaires et fruitées de pivoine et de rose crémeuse, proche de la peau de pêche. La rose se réchauffe ensuite au contact de la peau pour révéler le patchouli, des notes de mousse, puis des notes légèrement gourmandes de santal et de chocolat amer. L'idée était celle de reproduire la fleur dans son ensemble, des feuilles charnues et veloutées au parfum vif et sensuel à la fois, en passant par le piquant des épines jusqu'au jardin dans lequel elle aurait poussé.

Le jour de sa découverte, Jessy me dévoilait l'avoir de suite aimée, et que son mari lui avait dit spontanément le soir même "tu sens bon, mais qu'est ce que c'est ? ". Je ne vous cache pas mon émotion et que j'étais assez fier de cela. Jessy a donc accepté que je fasse mon premier grand pas avec "son" parfum.

Cependant, comme je ne suis pas le mieux placé pour en parler, j'ai demandé leur avis à quelques personnes avisées dont voici les impressions :

Jessy - la muse : "ce parfum m'a été offert par son créateur, Thierry, sans que je ne lui demande. Il savait ce que je portais, et dès que j'ai découvert Jessy's Rose, j'ai immédiatement été conquise et l'ai vraiment ressenti comme étant "mon" parfum. J'en étais subjuguée, je l'ai donc aimé et adopté. Depuis, il m'accompagne régulièrement aux cotés de mes classiques."

Sylvaine Delacourte - Guerlain : "Une rose bien faite, verte et fraîche avec un petit coté géranium verveine au départ, qui se fond ensuite sur des notes fruitées, pêche et pivoine je crois. Elle évolue vite vers une rose plus chaude, légèrement chocolatée et gourmande, c'est vraiment sympa."

Pierre Aulas - directeur artistique : "Une rose intéressante car différente. La rose n'est pas traitée avec les codes habituels, elle est fraîche et piquante au début mais on sent vite arriver la chaleur. La noblesse des matières se ressent. Chyprée, bien sûr, mais j'aime aussi cette petite pointe de gourmandise, qui fait penser à du chocolat amer. C'est bien !"

Poivrebleu - nez bavard et avisé : "Ce matin, Jessy s'est réveillée à la fraîche. Il a plu toute la nuit dans son jardin et sur son million de pétale perle une pléiade de gouttes froides. Sur le point de partir, elle chausse alors ses aiguilles épineuses, passe son collier de perles rouges et enfile sa plus belle veste de mousse. Ses camarades la regardent partir, jalouses de son sillage intense, rouge et vif. "

Valérie Pasmanian - illustratrice et designer : " je suis partie de pétales frais et j'ai ajouté ce qui pour moi visualise l'aspect charnel de Jessy's Rose que j'ai fortement ressenti."

Merci à vous tous pour ces précieux avis qui m'ont beaucoup touchés. Comme je vous le disais, Jessy's Rose est un premier pas. Le but n'est pas forcement de gagner de l'argent avec car si je réussis à les vendre, les recettes ne couvriront pas les frais engagés, mais j'en avais envie. Cela minimise les pertes alors si cela fonctionne, il se pourrait bien que d'autres idées prennent forme, dans des registres très différents !

Jessy's Rose est disponible dans les formats suivants :

Eau de toilette - 30ml : 30€ (4 flacons disponibles dans un premier temps)

Extrait de parfum à 20% - 15ml : 45€ (4 flacons disponibles)

Extrait de parfum Exclusif à 25% - 15ml : 55€ (limité à 3 flacons uniquement) : l'extrait est retravaillé avec un accord iris chargé d'iris de Toscane qui rend le sillage plus poudré et plus sourd, plus sophistiqué également.

L'Eau de toilette et l'Extrait seront disponibles sur demande après écoulement de la première série (car il faut un temps nécessaire au parfum pour macérer dans l'alcool). Hormis l'Extrait Exclusif qui est limité à 3 flacons, les autres flacons sont en plus rechargeables par la suite, pour un prix moins élevé car vous pourrez garder le même flacon.

Pour tout renseignement ou commande, merci de me contacter sur olfactorum@gmail.com.

Choix de l'image : Valérie Pasmanian. Photos : rose David Austin, moi même.

samedi 13 novembre 2010

Ce soir ou jamais - Annick Goutal 1999 : l'ultime rose !

Amatrice de parfums, passionnée de musique et d'arts, Annick Goutal caressait le rêve de réaliser son parfum, l'ultime, celui qui parlerait d'elle, de son âme et de ce qu'elle préfère. La rose était sans doute sa fleur préférée, car elle l'avait travaillée dans Grand Amour, Quel Amour et Rose Absolue. Déjà trois créations, mais elle n'avait pas encore exploré toutes les facettes de cette fleur grandissime. En 1999, alors qu'elle se sait très malade, elle travaille à un parfum qui hélas fut un peu son requiem, qui ne rencontrera son public qu'à titre posthume. La rose et Annick Goutal, c'est donc un cycle, une tradition qui se perpétue encore aujourd'hui avec le récent lancement de Rose Splendide.

Cette rose réalisée par Annick et son amie parfumeur Isabelle Doyen est ultime car elle va chercher dans la fleur les facettes les plus nobles riches pour les magnifier et en faire un parfum bijoux, scintillant, étincelant même. Ultime aussi par son nom, véritable ultimatum. "Veux tu être ma femme, c'est ce soir ou jamais", "la chance de votre vie, c'est ce soir ou jamais", "je pars très loin, c'est ce soir ou jamais". A chaque fois la promesse d'un nouveau départ.

Un ultime rêve, dont les matières sont secrètement préservées sur le site de la marque, mais qui révèle dès le départ une rose turque verte et piquante d'un aspect très classique qui peut donner une impression délicieusement rétro. S'élèvent très rapidement les vapeurs enivrantes d'alcool de poire Williams que peuvent avoir certaines roses et que l'ambrette soulève de manière à rendre cette rose scintillante. La mélodie de cette belle rose se déroule. Un accord d'iris et de violette emporte le sillage vers des contrées poudrées de rouge à lèvre et de poudre de riz, et je devine en pointillé un vétiver assez sombre et fumé qui vient soutenir l'ensemble. Une toute petite pointe de cumin le rend sensuel et se conjugue magnifiquement à l'ambrette pour en faire un parfum de peau chic et féminin.

Je lisais récemment une phrase d'Isabelle qui laissait supposer que ce parfum fut un exercice difficile car il faillait trouver le juste équilibre: la facture est classique mais la luminosité apportée par cette note de poire Williams le rend très contemporain. Cette rose n'a pas d'époque : est-elle moderne ou rétro ? Ni l'un ni l'autre. Pour moi, c'est une belle rose rouge légèrement perlée de rosée et surtout, un parfum riche et brillamment construit.

"Ce soir là, nous avons diné, nous avons marché sur les bords de la Seine, et nous nous sommes arrêtés pour regarder la tour Eiffel briller de mille feux. Nous avons rêvé, amoureux. Et là, je t'offrais une rose pour te déclarer ma flamme et te demandais si tu voulais devenir ma femme, là, ce soir... ou jamais. Dans mon élan, je te demandais quel parfum tu portais, qui m'avait totalement charmé. Ta réponse fut celle-ci : "Oui, c'est ce Soir ou Jamais". Bien plus tard, je compris que tu avais répondu aux deux questions.

En ce mois de la rose, je voulais rendre hommage à Annick Goutal, qui nous a quittés il y a 11 ans et laissait ce parfum en requiem, et parce que certains de ses parfums m'accompagnent depuis très longtemps. Ce Soir ou Jamais est pour moi un soliflore "rose" des plus ultime et abouti.

Illustration : Nick Knight, Edition Limitée de Ce Soir ou Jamais, Rose rouge perlée.

jeudi 11 novembre 2010

Les gagnants pour les échantillons des Parfums de Rosine.

Voici comme promis le nom des gagnants pour les échantillons des Parfums de Rosine. Et vous avez de la chance, il y avait finalement 4 pochons et non 3 comme annoncé. Il y a donc un gagnant en plus.

Ils gagnent un pochon comprenant 4 échantillons de parfums différents : Secret de Rose, Rose Praline, Rose Kashmirie, Rose d'Homme :

Mademoizelle - D. - Anonyme José - Géraldine (suite à commentaire de Thierry ci dessous)

Ils gagnent un échantillon de parfum :

Rose Praline : Yuzu - Rose d'Homme : Brit - Rose Kashmirie : Anne J

Merci de me communiquer vos coordonnées rapidement (même pour ceux que j'ai déjà) par mail à olfactorum@gmail.com afin que je puisse vous faire parvenir les échantillons dès la semaine prochaine.

samedi 6 novembre 2010

Portrait of a Lady - Frédéric Malle 2010 : le mystère de la rose noire.

Il aime une femme, en secret mais elle ne le voit pas. Elle aussi l'aime, mais elle ne lui dit pas. Elle se marie avec un autre, et ce n'est que quelques années plus tard qu'elle apprend avoir été abusée. Les deux amants de toujours se retrouvent enfin, elle lui avoue son amour alors qu'il se meurt d'une maladie incurable, et lui dévoile le sien au grand jour. Ils se retrouvent dans une étreinte ultime.

Il aime les femmes mais a choisi de ne vivre qu'avec la sienne. Pour préserver la beauté de celle-ci du regard des hommes, il préfère qu'elle se voile, ce qu'elle fait à la fois par conviction et respect. Cela ne la gène pas tant, car sous le voile, c'est une vraie femme, souriante et très coquette, qui aime aussi les fringues et les parfums.

Il est couturier, entouré de riches clientes pouponnées et habitué à manier de beaux tissus. Son style, imprégné de ses origines, allie les codes de l'Orient, les matières fluides, les couleurs sombres ou dorées et un design européen pour exacerber le corps des femmes.

Ses trois hommes sont unis par un souvenir commun : le portrait d'une femme et le parfum mystérieux de la rose noire.

Pour le premier homme, cette rose noire est une rose anglaise traditionnelle, vivre, fraîche, mais vénéneuse et légèrement menthée, digne de celle que l'on trouve dans les jardins humides. Elle laissait son sillage sous les velours épais de ces toilettes dans les salons feutrés dans lesquels elle évoluait.

Pour le second, cette rose a le parfum du khôl utilisé par tradition par les femmes de son pays, celui de la peau de ces femmes, proche du cumin et des épices propres aux traditions culinaires locales, celui de framboise et de cassis qu'emportent leurs voiles dans le sillage des narguilés.

Pour le troisième, c'est le souvenir poudré d'une légère note de violette du fard et du rouge à lèvres de ses clientes, celui de tissus nobles qu'il travaille sur ses mannequins. Ils sortent des ateliers imprégnés de cette note crayeuse caractéristique et de patchouli.

Un jour, un magicien, aidé d'un parfumeur, choisit de réunir ces trois univers pour imaginer le mystérieux parfum de la rose noire. Décousant un géranium qu'ils avaient créé en commun pour n'en conserver que les points communs que ce parfum pourrait avoir avec la rose, il recousent ensuite les éléments un à un autour de l'odeur imaginaire de cette rose noire qui devra être fluide et stylée.

Ils partent sur l'idée d'une rose traditionnelle dont le parfum vif est par nature assez proche du géranium, y ajoutent quelques notes fruitées de framboise et de cassis ourlées d'une petite touche de violette. Le résultat créé un effet "prune noire" proche des vapeurs d'alcool de prune. La rose est bien sûr toujours en majestée dans le sillage de ces notes mais s'accompagne très vites d'épices, de cumin, de bois ambrés et d'un effet proche du bois de oud comme pour soutenir la structure. Dans le sillage, je remarque qu'autour de cette rose noire ornée de oud se dévoile un effet "tissus" dont le patchouli est sans doute une des clés, comme ce que l'on sent lorsque l'on entre dans une boutique de beaux vêtements, sur un marché aux tissus ou dans un atelier de couture, et que j'avais déjà remarqué dans Dzongkha chez l'Artisan par exemple. Cette rose, c'est un peu comme si un beau tissu d'un noir profond pouvait devenir à la fois voile noble ou robe fourreau de style.

Ce parfum me fait ainsi penser au style d'Azzedine Alaia, qui allie les codes d'une culture orientale et les techniques ultra modernes de la couture française, pour un style qui constitue un compromis des deux cultures avec une vision contemporaine. Il y a différentes manières de conjuguer les codes traditionnels de la parfumerie française de tradition tout en cherchant à y intégrer les repères olfactifs du Moyen-Orient et une certaine modernité. Dominique Ropion et Frédéric Malle ont su jouer la partition très habilement. Portrait of a Lady ne plaira pas vraiment aux américaines trop occupées à savourer Carnal Flower, mais il me semble à sa place sur une européen brune au caractère bien trempé, ou sur ces femmes orientales qui le cacheront comme elles couvrent leur bijoux et leurs vêtements de luxe d'où ne s'échapperont que quelques effluves délicieuses. Le mystère de la rose noire, c'est un portrait entre deux mondes, entre deux cultures, entre deux modes : Portait of a Lady.

Portait of a Lady de Dominique Ropion, sera disponible dans les boutiques Frédéric Malle à partir de lundi prochain, 15 Novembre 2010.

Illustration : modèle de Azzedine Alaia, Frédéric Malle, Rose noire.

mercredi 3 novembre 2010

Entretien avec Marie Hélène Rogeon, directrice de la marque Les Parfums de Rosine.

Un peu d’histoire : en 1991, Marie Hélène Rogeon décide de faire revivre la marque Les Parfums de Rosine. C'était la marque des parfums de Paul Poiret, elle était abandonnée depuis près de 50ans. Poiret fut un peu précurseur avec des parfums aussi novateurs que Le Fruit défendu, qui sentait la peau d’abricot, et fut le premier utilisateur du galbanum dans un parfum. Son histoire, Marie Hélène décide de la tisser autour de la majesté de la parfumerie, qui était aussi la fleur du principal parfum de la marque : la Rose.

En 2006, en ouvrant une boutique dans la galerie du Palais Royal à Paris, la marque retrouve un bel écrin, digne de sa réputation.

Méchant Loup : bonjour Marie Hélène, qu’est ce qui a motivé ce choix ?

Marie Hélène Rogeon : longtemps directrice de la création dans de grands groupes de luxe, j’étais blasée de sentir sans arrêt, sans vraiment avoir le sentiment de servir à quelque chose qui apporte à la parfumerie. Je suis donc partie de mon travail, ai pris du recul pour ensuite vouloir faire revivre les parfums de Rosine, en grande amoureuse de la rose.

ML : la rose est un parti pris, ceci ne constitue t il pas une difficulté, la rose à t elle un avenir ?

MHR : certes galvaudée et mainte fois copiées parce que fleur emblématique, on la retrouve en effet dans tout et n’importe quoi. La rose est pourtant riche de milles facettes, acidulée, verte, anisée, métallique ou réglissée. Elle se marie avec tant d’autres matières dans un parfum qu’elle n’a pas dit son dernier mot. La difficulté est de redéfinir une pédagogie autour de cette fleur en parfumerie pour lui redonner une bonne image. Elle a de belles années derrière elle mais je suis convaincue qu’un bel avenir se dessine aussi.

ML : d’où vous vient l’inspiration ?

MHR : je m’inspire principalement de mon jardin en Picardie, où j’ai une roseraie très riche des roses les plus rares que je sélectionne pour leur parfum. La richesse olfactive de ce jardin est telle que selon le temps, la température, l’humidité, les notes différent et se développent pour constituer comme une sorte de laboratoire ou flottent milles parfums. Les senteurs sont très variées, c’est fascinant.

ML :quelles sont les facettes de la rose que vous préférez ?

MHR : sans aucun doute les facettes vertes, qui font écho au galbanum, un vert un peu cru, que l’on retrouve notamment dans Twill Rose.

ML : vous créez vous-même les parfums ?

MHR : non, je décris mon idée, mon inspiration, mon envie du moment, puis je travaille à quatre mains avec François Robert de Quintessence, qui sait merveilleusement orchestrer les mélodies que j’ai en tête.

ML : quels sont les pays qui affectionnent vos parfums ?

MHR : la France bien sûr, par tradition, mais aussi, à ma grande surprise le Japon, dont la tradition n’encourage pas à se parfumer, mais où les habitudes changent. Nous avons tant de points communs avec le Japon pour ce qui est de la tradition de préserver les savoirs faire précieux. De plus, les jeunes trentenaires ont moins peur, elles osent. Elles commencent par des notes discrètes, mais cela change. Zeste de Rose s’y vend bien mais à ma grande surprise, Secret de Rose, plus sophistiqué, y a trouvé des amatrices.

Globalement, l’Asie est notre principal marché, entre Taiwan et le Japon, puis la Chine. L’Angleterre également, sans doute parce que la rose est affectionnée dans ce pays.

En Europe, nous sommes bien implantés en Italie et en Allemagne.

ML : et les Etats-Unis ?

MHR : nous ne sommes pas très présents aux US, c’est un peu compliqué car ils aiment les parfums propres et faciles, et ils ont de puissants groupes. Face à cela, notre positionnement est très exclusif, mais nous vendons assez bien Rose d’été.

ML : Et quels sont les parfums qui plaisent ?

MHR : certains se distinguent nettement, sur tous les continents. C’est le cas de la Rose de Rosine, de Rose d’été, de Rose Berry et de Zeste de Rose. En Europe, Rose d’Homme est notre première référence à Londres par exemple et j'en suis très fière, mais Rose Praline et Rose Kashmirie se distinguent aux cotés de ces chefs de file.

ML : deux directions semblent se dessiner aujourd’hui : une parfumerie autour de la rose traditionnelle, chaude, rondes, parois complexe, et une autre autour de la fraîcheur. Cette évolution vers la fraîcheur correspond-elle à une demande ?

MHR : nous ne faisons pas des parfums par rapport à un marché, une demande ou un besoin. Nous saisissons nos envies du moment et créons en fonction de cela. Cela permet de couvrir un large spectre olfactif, allant des roses fraîches à celles les plus orientales en passant par les marines et les fumées. Nous sommes passionnés et tentons de le rester au quotidien, nous nous donnons le temps pour chaque parfum que nous créons.

Pour citer l’exemple de nos derniers nés, l’inspiration de Rosissimo est né suite à la rencontre avec une rose qui sentait le pamplemousse au japon, Secret de Rose parce que j’ai senti un labdanum en Espagne. Les idées viennent comme cela.

ML : comment travaillez vous avec François Robert ?

MHR : nous essayons de partir d’un accord binaire, rose-pamplemousse, rose-labdanum, puis nous enrichissons, arrondissons, dynamisons etc. Je ne souhaite pas faire des parfums trop conceptuels ou intellectuels, mais je recherche une lisibilité, une identité forte, et surtout un accord harmonieux. Je n’aime pas non plus travailler à trop lisser un accord, les petits défauts ou aspérités créent une identité, comme le charme d’un vrai bois par exemple.

ML : vous prenez parfois des partis pris risqués, je pense notamment aux notes fumées qui plaisent difficilement. Avez-vous certains regrets ?

MHR : Il est vrai que certains parfums ne fonctionnent pas très bien, mais je n’ai pas de regret, car ils trouvent malgré tout des fidèles. J’ai juste un contre exemple avec Rose de feu, où j’ai eu le sentiment de ne pas être allée assez loin dans l’idée, mais c’est tout.

ML : Est il plus difficile de travailler une rose pour homme ?

MHR : oui, pour moi c’est plus difficile. Même si la rose est unisexe par définition, il faut bien reconnaître que certains de nos parfums sont très féminins. Une rose pour homme doit être masculine ou mixte, est c’est un équilibre pas forcement évident à trouver, c'est plus délicat et plus long .

ML : les reformulations, cela est il en handicap ?

MHR : cela impose des contraintes, mais ce n’est pas si bloquant. Nous échangeons beaucoup avec François mais globalement, nous avons peu de parfums à reformuler. Et quand ils le sont, le résultat est même souvent meilleur que l’original, car les matières évoluent et les techniques de formulation également.

ML : vous faites des parfums, mais aussi des bougies, est ce très différent ?

MHR : oui, car une bougie doit brûler et diffuser la senteur. Certaines matières de nos parfums ne passent pas du tout. Les formules sont donc très proches de celles de nos parfums, mais doivent être retravaillées à cause de ces particularités techniques.

ML : Et pour finir, puis-je vous demander ce que vous pensez de Jessy’s Rose, une création personnelle ?

MHR : elle est fraîche et vive au départ, avec un effet qui me fait penser au cédrat-verveine, c’est assez propre. Elle est assez sophistiquée dans son envolée et son évolution me fait penser à une rose marocaine.

Marie Hélène, un grand merci pour ce moment convivial.

Marie Hélène a bien voulu accepter de me remettre 3 petits pochons de 4 échantillons de parfums représentatifs de la marque, et 3 échantillons séparés à faire gagner. Pour cela, je procèderai à un tirage au sort sur les commentaires qui seront laissés suite à cette interview.

Illustrations : Marie Hélène à son bureau, Folie de Rose, Un Zeste de Rose, Rose d'Homme.

lundi 1 novembre 2010

Novembre 2010, le mois de la Rose !

Suites à quelques questions, ne vous inquiétez pas, n'hésitez pas à vous écrire, il reste encore des places pour la soirée du 30 Novembre, vous avez jusqu'à samedi prochain 23h pour que vos mails soient pris en compte sur l'un de nos 3 blogs !
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Je l'aime ! Chaque année à l'approche de l'été, j'aime me promener à Bagatelle où elle me délivre ses secrets olfactifs aux cotés des pivoines : citron, anis, fruits rouges ou noirs, épices, miel, tabac, abricot, pêche, litchi, parfois animale ou douce et musquée, elle est riche de multiples facettes. En parfumerie, il n'est pas évident de l'apprécier à sa juste valeur, car elle est souvent galvaudée. Fleur emblématique et ma préférée, qui n'a pas toujours l'image qu'elle mérite, tous les sorts lui sont réservés, elle subit tout et n'importe quoi. Elle, c'est la Rose, et en ce mois de Novembre, j'ai choisi de lui rendre ses lettres de noblesse.

Je ne reviendrai pas sur Nahéma de Guerlain ou sur Une Rose de Frédéric Malle, déjà maintes fois évoquées car représentatives des roses riches et magnifiquement travaillées, mais je chercherai à parler de roses moins connues parfois originales, pour aussi les mettre en valeur.

A l'approche des fêtes, vous partagerez ainsi un entretien avec une ambassadrice de la rose, vous découvrirez que cette fleur peut traverser les cultures et les continents, je vous parlerai de roses à redécouvrir et vous réserve une surprise pour fêter les deux ans d'Olfactorum. Certains d'entre vous devinent déjà de quoi il s'agit, les autres découvriront ce qui pour moi est déjà un grand pas.

Et vous, comment la voyez vous, comment l'aimez vous ?

Illustration : rose perlée.

dimanche 31 octobre 2010

Soirée des lecteurs : venez nous rencontrer !

"Méchant Loup, ça peut faire peur, tu imagines ce à quoi cela fait référence ? Il a quand même mangé la mère-grand". Telles étaient les paroles d'une amie chargée de communication à mon travail qui me faisait me rendre compte que mes lecteurs devaient forcement avoir une image du Méchant Loup, et que le nom en disait peut être long... "Mais je n'ai pensé qu'au parfum éponyme, qui me correspond !" Lui rétorquais-je !

Lorsque l'on créé un blog, l'on n'imagine pas qu'il devienne un travail quotidien et demande du temps et de l'investissement. L'on n'imagine pas un jour se dire qu'il serait bien de rencontrer ses lecteurs et partager sa passion ! Et pourtant, aujourd'hui nous sommes trois à vouloir le faire...

... et cela va enfin être possible.

Ainsi, si vous êtes libres le mardi 30 Novembre en soirée, Sophie de MyBluehour, Juliette de Poivrebleu, moi même d'Olfactorum serions enchantés de vous retrouver autour du parfum pour une rencontre avec nos lecteurs lors de la soirée intitulée :

Portrait olfactif autour des Accords Mythiques.

C'est quoi ?
Organisée grâce au soutien des ateliers Thierry Mugler et au sein de leur locaux, vous pourrez ainsi mieux nous connaître. Pour rendre ce moment agréable et convivial, nous aurons l'occasion vous faire découvrir notre portrait olfactif autour de 8 accords clés de la parfumerie développés pour Osmoz et Thierry Mugler. Nous sentirons ainsi ces 8 accords et "nos" parfums autour de ces accords. Environ 25 parfums à découvrir en une soirée et la découverte des accords majeurs !

C'est quand ?
Cette rencontre se déroulera le mardi 30 Novembre 2010 en soirée.

C'est où ?
Dans les locaux de Thierry Mugler qui se trouvent au 49 Avenue de l'Opéra 75001 Paris.

C'est qui ?
Pour des raisons purement logistiques, nous sommes limités à 30 participants.

C'est comment ?
Pour y participer, c'est simple, il suffit d'envoyer un mail à olfactorum@gmail.com avant le 06 Novembre 23h. Si vous avez déjà envoyé un mail à mybluehour ou poivrebleu, ce n'est pas la peine de le refaire ici. Les 10 premiers mails reçus par chacun de nous seront pris en compte, une seule inscription par adresse mail sera retenue.

Les infos pratiques (heure, accès) seront apportées et transmises par mail aux personnes sélectionnées vers la mi-novembre. La participation est entièrement gratuite, seul le transport et l'éventuel hébergement sur Paris restent de votre ressort.

Illustration : Juliette Faliu, Osmoz et L'Artisan Parfumeur.