lundi 31 mai 2010

Baudelaire - By Redo 2010 : invitation au voyage.


Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait À l'âme en secret
Là,tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Vois sur ces canaux
....

Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.


Des meubles luisants polis par les ans décoraient notre chambre : encaustique et bois cirés, vernis.

Les plus rares fleurs, mêlant leurs odeurs, aux vagues senteurs de l'ambre : quelques immortelles, un pavot, des roseaux séchés, posés là, dans un coin.

Les riches plafonds, les miroirs profonds, la splendeur orientale
: on devine une noblesse des sens. Une bibliothèque pleine de livres anciens, dans laquelle se respire le bois ciré, le parchemin et l'encre de chine, une odeur de cuir patiné et de cigare égaré. Quelques herbes perdues et du poivre, de la cannelle et du clou de girofle. La splendeur orientale de l'ambre, de la vanille et du patchouli. Un ornement de matières nobles qui jouent entres elles et se renvoient leurs composants comme les miroirs profonds.

... D'hyacinthe et d'or
: la jacinthe est bien là. Comme une fleur fraîche et piquante, elle prend ici des accents boisés. Tellement chaude, sa note recouvre l'ensemble, et apporte une très légère lumière, comme pour mieux "dorer" la composition et épouser la peau.

La peau de l'homme, qui se dévoile enfin avec des notes qui l'appellent : genièvre, poivre, papyrus, encens et cumin ! Véritable arsenal de la séduction virile, cet ensemble parfaitement orchestré enrobe la jacinthe et provoque une sensation sombre et envoutante.

Dans ce qui est officiellement écrit sur ce parfum, ce poème n'est pas mentionné, on y parle d'île lointaine, de voyages. Pourtant, ce chypre cuir comme il est décrit m'inspire, les épices, le bois, le cigare, les cuirs et les matières nobles. Il me parle aussi de terre, de roseaux, d'horizons lointains comme une invitation au voyage. Un parfum sec, puissant au départ, mais qui prend sur la peau des couleurs épicées, boisées et cuirées, aux tonalités sèches et chaudes d'une noblesse rarement croisée ces derniers temps.
Je ne connais pas le nom du parfumeur mais le directeur artistique de la marque, Ben Gorham savait vraiment là où il voulait aller. Chacun y trouvera sans doute sa propre vision, à travers le poète ou son propre vécu, mais ce parfum ne laissera sans doute pas indifférent.

Un coup de spleen, ce parfum parle à l'âme, en secret, à celui qui l'adopte.
Les mots, le parfum, Baudelaire parle de fleurs du mal autour de fleurs du mâle. Sèches et corsées, mais tellement humaines ! Un véritable coup de coeur hors du temps, tout comme la Tulipe, décrite ici par Sophie sur mybluehour !

Baudelaire est en vente au bon marché et à la boutique Nickel, rue des francs bourgeois 75004, où vous pourrez également découvrir les dernières et réjouissantes créations de Olivia Giacobetti pour Honoré des prés.

Illustration : Baudelaire par Gustave Courbet.

5 commentaires:

dries a dit…

je suis très étonné que vous appréciez ce parfum, mes avis rejoignant souvent les vôtres. Pour moi ce Baudelaire est une horreur. Comme une robe dite de "créateur" mais extrêmement mal coupée: quelque chose de mal maîtrisé, la sensation d'un mélange d'alccol, de produits chimiques presque produit toilettes avec quelques notes nobles. Un vrai gâchis autrement dit. Je suis très déçu par cette marque et les quelques fragrances que j'ai senti, j'ai la drôle d'impression de rentrer dans un zadig et voltaire ou autre magasin branché qui vend 100 euros ce qui lui en a coûté 1,5.

méchant loup a dit…

Effectivement, au premier abord et sur touche, il peut parraitre maladroit, et je crois que c'est cette imperfection qui me plait dans ce parfum. Il n'est pas consensuel. C'est sur ma peau que la jacinthe "un beau produit Firmenich à priori", le bois sec, la cannelle et les notes cuir s'équilibrent en devenant très douces dans une sensation presque confite. Il rejoint ainsi des parfums comme B Men ou Black XS, qui prennent véritablement forme sur la peau, et la mienne les aime bien. Voilà pourquoi ce Baudelaire me plait. Je le trouve en effet très bohéme par cette impression de terre et d'herbes sèches.
Cela étant, je vous rejoins sur un point : c'est le seul qui m'ait vraiment plu chez By Redo, avec la Tulipe. Les autres, bof bof, voilà, vous savez tout !

soph a dit…

merci pr le lien thierry!

celui-ci est e effet le seul que je n'ai pas vraiment pu découvrir, les ayant pas mal testés et retestés quand je travaillais au bon marché

J'ai pu constater que bal d'afrique avait un fort succès, auprès des hommes comme des femmes.... Pr ma part, j'aimais bien Chembur, mais comme d'habitude, dès qu'il ya des agrumes en tête, je les garde trop longtemps sur peau au détriment des autres notes.....

méchant loup a dit…

Il y en a un autre que je trouvais pas mal, qui associait baie de genièvre et salicylates : Chembur peut être ? Fantastic man est trop sur le même terrain que Terre d'Hermes mais ceux qui l'ont adopté l'adorent à priori, Bal d'Afrique me semble trop loin de son nom olfactivement parlant, et je n'arrive pas à mémoriser Green Blanche et les autres tellement ils se démarquent peu à mon sens.
J'aime Tulipe parce qu'il colle parfaitement à son nom ; je le lis comme une interprétation plus luxueuse, plus charnelle et un peu solaire de Flower by Kenzo.

soph a dit…

Green et blanche ne sont franchement pas inoubliables en effet, idem pour rose noir, qui surfe sur la vague du fameux accord rose patchouli.

Gipsy water est assez agréable (mais .. rance sur ma peau comme à chaque fois qu'il y a ce type d'accord citron-vanille, l'agrume prend toute la place) mais n'est certes pas novateur et manque peut-être de consistance,pour un oriental, bien que le terme " water" dans son nom impliquait peut-être la recherche d'une certaine légèreté, dans ce cas c'est certes cohérent.

Pour ma part j'aime assez Bal d'afrique, certes on peut s'attendre à quelque chose de plus animal, je ne sais comment dire, de par le nom, mais on ne peut nier qu'il fait son "effet". Il a quelque chose, même si je lui aurais aimé plus de "rondeur", je ne sais comment dire, ce qui vaut pour l'ensemble de la gamme, j'aimerais plus de rondeur dans les parfums, je ne pas comment l'expliquer.

Mais Chembur m'avait assez plu, c'est un parfum un peu encens, légèrement orientalisé avec un départ un peu agrumes il me semble.