mardi 8 septembre 2009

Tout le monde veut son Angel !


Depuis sa sortie en 1992, Angel s'est taillé une belle part des anges. Ceux ci ont été bien généreux et bien des femmes lui doivent leur signature. Soit, mais Angel doit impérativement être bien porté : par la bonne personne et avec le bon dosage, sinon, l'ange devient vite démon et quelques personnes qui le portent devraient vraiment revoir leur copie. S'il est bien porté, toute la structure du parfum ressort, et je crois bien que le plus beau sillage d'Angel que j'ai jamais croisé fut un extrait, tellement il était beau : dans un sillage fruité innovant de pomme verte, de mandarine, d'ananas et de fruits de la passion, la barbe à papa se faisait bien présente sans être lourde. Le tout scintillait autour de quelques fleurs blanches et du patchouli. Je m'en souviens encore.
Depuis, bien des fois j'ai croisé cet ange, bien des fois il était diaphane, désespérément plat, ne laissant comme impression olfactive qu'un vague mélange sirupeux, poussiéreux voir un peu sale de caramel et de patchouli entrelacés.
En 2009, Angel inspire bien des marques, et 17 ans après la première copie non officielle, Nirmala, qui a valu un coûteux procès à Molinard, Angel fait des petits. Des petits, qui portent les traits de leur papa, à savoir cette signature "caratchouli" (caramel, patchouli) bien marquée, mais travaillée sous différents thèmes en puisant dans la structure d'Angel.

Ricci Ricci - Nina Ricci 2009 : La tête.
Dès les premières notes, Ricci Ricci m'a immanquablement fait penser à l'accord de tête de Angel. Pomme, mangue, ananas, fruits de la passion, mandarine rouge sautent au nez des gamines constituant la cible, pour ensuite laisser fondre sur leur peau toute jeune un vague rappel de chewing gum aux fruits rouges d'une célèbre marque. Le coeur se fait plus floral autour de fleurs blanches solaires, et le fond très "caratchouli" comme il se doit, quoiqu'un peu noyé. Une variation somme toute bien fruitée sur un bel accord de tête.

La Roue de la fortune 10 - Dolce & Gabbana 2009 : le coeur.
La roue de la fortune doit être le bon numéro, et c'est dans le coeur d'Angel qu'il va chercher sa chance. En puisant ces notes de tête autour quelques fruits dont nous avons déjà parlé pour le précédent parfum, la signature Angel se devine surtout dans le coeur. Les notes de têtes de ce N°10 sont très futiles et laissent rapidement place à des fleurs suaves (gardénia, tubéreuse et jasmin) de manière à conserver une structure très chaude et sombre. Le caramel et la vanille s'entrelacent ensuite dans un accord très "carambar", pour finir sur les bois plus présents que dans Ricci Ricci, où l'on devine le "caratchouli" ... encore ! Pourtant, pour l'avoir senti sur la peau d'une "black", le compromis n'est vraiment pas trop mal et fait bien penser à une barbe à papa toute douce.

Bois Torride - Guerlain 2009 : le fond.
Bois torride ou boisé torride est comme son nom l'indique un travail autour de différents bois. Angel étant très chargé en patchouli (20% parait il), il n'est pas étonnant que Guerlain sélectionne et charge des bois plutôt précieux pour exécuter son Angel. Je ne doute pas de la qualité des bois choisis, mais le fait de les marier à cet accord "caratchouli" que l'on retrouve bien leur donne un aspect qui me rappelle, mais c'est une impression très personnelle, les vieilles armoires ou l'intérieur d'une vieille voiture. Le cèdre apporte une touche camphrée, le santal une facette rhum et beurrée, et le patchouli, associé à d'autres composants et à des muscs blancs, une facette "vielle malle". Facette que je n'aime pas vraiment. Il y aura des amatrices, mais ce n'est franchement pas mon favori. Bref, un travail sur le fond d'Angel, qui m'évoque l'accord sale dont je parlais plus haut. Cela dit, je nuance mes propos car je ne l'ai pas senti sur peau.

Alors, si vous êtes blasée d'Angel mais que vous aimez une de ses facettes plus particulièrement, essayez ses petits enfants : soit ils se dévoilent, soit vous retrouverez l'original, et là, ce n'est pas à moi de choisir... quoique pourquoi pas ? Pensez vous que j'aie mon mot à dire ?