mercredi 31 août 2011

Inscriptions à la soirée "Histoires Vintage" du 14 Septembre 2011.

Vous étiez plusieurs à l'attendre avec impatience, la voici, la voilà, elle approche : venez sentir de grands classiques dans une version qui n'existe plus de nos jours, car même si la formule reste intacte, les matières premières ont changé ! Pour illustrer les propos, animer les débats, répondre à vos questions et conter quelques anecdotes croustillantes, Monique Rémy, réputée dans le monde du parfum pour la qualité des matières premières qui sortent encore aujourd'hui de ses labos sera présente.


"Histoires Vintage".
14 Septembre 2011 à partir de 19h
dans les locaux de Thierry Mugler, 49 avenue de l'Opéra 75002 Paris.


Pour participer à la soirée, c'est simple, une seule démarche, une seule adresse à noter.

Pour être enregistré, il suffit d'envoyer dès maintenant un mail à l'adresse suivante :

ATTENTION !
Les premières inscriptions n'ont pas pu être prises en compte car il y avait une erreur dans l'adresse. Merci de renouveler votre mail à l'adresse ci-dessous, qui a été rectifiée !

constance.deroubaix@clarinsgroup.net


Le nombre de places étant limité à 40, nous privilégions les lecteurs et les non professionnels. Dès que le nombre d'inscrits atteindra ce chiffre, nous arrêterons les modalités et vous informerons de la clôture. Vous recevrez les infos détaillées ultérieurement. Prévoyez un début à 19h et une fin vers 22h - 22h30, le lieu est juste à coté de l'opéra de Paris et très facilement desservi par le métro et le RER.

A vos mails, prêts, partez, nous vous attendons !

Illustration : quelques vintage par Richard Avedon.

mercredi 24 août 2011

Ca énerve ! Quelques lancements pour la peine !

Je venais juste de terminer un article sur un thème bien précis qui me semblait intéressant, mais suite à une fausse manip lors de la sauvegarde de celui-ci, j'ai tout perdu ! Impossible de récupérer le texte rédigé, alors forcement, ça énerve !

Et ce d'autant que je n'ai pas le temps de le reprendre avant un certain temps pour cause d'autres impératifs. J'en profite alors pour vous rappeler qu'il faudra bien penser à consulter nos blogs pour l'inscription à la soirée des lecteurs du 14/09 dès qu'elle démarrera, la semaine prochaine !

A +++ les amis, je vais me calmer !!! RRrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !

Les lancements de la rentrée :

Pour la peine, j'en profite pour donner un avis plus que rapide de quelques lancements de cette rentrée :

N°19 poudré de Chanel : c'est fait.

CK One Shock for her de Calvin Klein : j'aime bien parce qu'il y a un peu de texture dans la fraise, comme une bonne pâte à tarte sablée mais les notes de fond sont ennuyeuses et trop fruit-fruit. Dommage !

Ck One Shock for him Calvin Klein: j'aime pour ses facettes qui me font clairement penser à la note miel ambré et de tabac blond d'Ambre Narguilé. L'ennui, c'est que c'est un peu comme si ce dernier avait pris trop de stéroides pour faire la nique à One Million. Décalé, surprenant pour le mainstream et pas désagréable dans son évolution, c'est peut être un bon pari !

Madly de Kenzo : contraste très original entre note zestées citron vert et réglissées en tête avec une structure de rose-vanille ultra féminine "à la Dior Addict" mais sur le fond, c'est d'une neutralité, d'un ennui et aussi morne que le no-mans-land du mur de Berlin. Je ne sais pas pourquoi, mais il me donne le cafard !! Ouuuuh ! Sadly.

Dahlia Noir de Givenchy : bon là, je suis partagé par ce mix à mi chemin entre Love de Chloé et de Le De de Givenchy. Si on le voit sous l'angle de la traduction olfactive de la fleur de narcisse noir imaginée avec les codes traditionnels de la parfumerie de Givenchy autour de notes poudrées à l'ancienne de la rose et de la violette comme l'était Le De, c'est réussi. Il se distingue même par l'apport d'une note qui sent le tulle et par une autre un peu sombre et dramatique qui évoque le sang et la fleur fanée, comme pour rappeler l'histoire autour de son nom. Mais pourquoi, pourquoi avoir foutu cette note savonneuse en tête et un fond boisé gras trop vu et facile ? Autant se rabattre sur l'Interdit ou Le De !

Candy de Prada : oui, il sent l'Ethyl Maltol, c'est à dire le caramel ! Mais il faut aller au delà. Celui-ci est amplifié, texturé par de belles matières ambrées comme le benjoin, l'opopanax et la vanille, et modelé pour en faire un parfum qui fond littéralement sur peau, comme le souligne à juste titre Octavian, et tout comme le caramel. Quelques notes florales et irisées font le lien avec les autres parfums de la marque qui pour moi, se distingue par l'attention qu'elle porte à ce que ses parfums se concentrent sur les matières de fond et se développent sur peau pour fidéliser, prenant ainsi le contrepied du marché qui cherche à accrocher de suite. En ce sens, c'est une belle surprise, où le choix a été fait en outre de jouer sur une concentration très soft pour assouplir et pouvoir utiliser les belles matières. Du beau travail, vraiment, pour un parfum à fondre de plaisir !

Illustration : un animal qui ressemble à un Méchant Loup énervé par Hephez - Site ici.

jeudi 18 août 2011

N° 19 Poudré - Chanel 2011 : infusion N°19.

Joyeux anniversaire Mademoiselle ! En ce 19 Août 2011, elle aurait eu 128 ans ! En France, il a fallu attendre, mais nous y sommes enfin, il est arrivé, le très attendu N°19 Poudré, qui est un peu "le" lancement de l'année qui mettait en haleine.

Que dire ? Premièrement, constater que depuis Infusion d'Iris et Dior Homme, l'iris a le vent en poupe. Et c'est flagrant cette année. Avec des lancements comme Shalimar Initial, Le "nouveau" Dior Homme revisité, et très bientôt Angel en eau de toilette et Mon parfum chéri et, il prouve ses lettres de noblesse, mais il montre aussi qu'il est le fruit de toute les recherches sur les matières premières afin de trouver un substitut moins cher que le précieux rhizome d'Italie. Et ces recherches ont été bien fructueuses, car il existe maintenant quelques très jolies "bases iris" dans la palette des parfumeurs, et ils auraient tort de s'en priver, ce que je ne manquerais pas de faire non plus très prochainement.

Deuxièmement, comparer avec l'eau de parfum N°19. Cela ne joue pas en sa faveur. Senti seul, il fait illusion, sa note iris est très présente et il se montre d'une élégance contemporaine somme toute assez réussie et maitrisée, mais qui fait la part belle à une base trop vue et toute faite à base de muscs blancs, de vanille et de fève tonka. L'on y retrouve un peu de la verdeur du N°19 original, mais elle est atténuée, polie. N° 19 poudré porte bien le qualificatif de" poudré" car il met vraiment en avant un iris lumineux et transparent, mais comme c'est au détriment de la verdeur très pointue du galbanum, de certains bois nobles et du rhizome d'iris, il se fait plus léger, plus lumineux que son grand frère, peut être un peu moins "brut", mais il en perd la noblesse, le port altier et surtout l'allure, si chère à mademoiselle. Il n'en garde que le "chic" actuel et décontracté, mais sans vrai panache !

Amatrices de l'original, si vous chercher une infusion plus légère du N°19, pourquoi pas, et si vous avez aimé Infusion d'iris, ce N°19 poudré vous en propose une variante pas très éloignée. En effet, comme le soulignait un lecteur, ce N°19 poudré n'était sans doute pas indispensable, mais il a au moins le mérite de refaire parler d'un mythe, dans un flacon qui l'est tout autant, et agira ainsi comme une alternative.

Après N°5 Eau première et N°19 Poudré verrons nous sans doute bientôt naître un Coco "Chypre" ou un Cristalle "Lumière" afin de que les sirènes du cash chantent encore leur cri !

Joyeux anniversaire mademoiselle ! Vous écriviez la mode, force est de constater qu'aujourd'hui, Chanel parfums la suit...

Illustration : Jack Vettriano, Chanel.

mercredi 17 août 2011

Palermo - ByRedo 2010 : pamplemusc gorgé...

Lorsque l'on apprécie la fraîcheur et que l'on cherche à se parfumer durablement, l'on se retrouve confronté à un dilemme : soit l'on trouve la fraicheur, mais elle ne dure que peu de temps, soit on trouve un parfum qui tient, mais souvent pas très évocateur de fraîcheur....

ByRedo a réussi une sorte de compromis en jouant avec les matières modernes pour évoquer à la fois la ville de Palerme, la fraîcheur de l'Italie et de ses agrumes réputés. Palermo s'ouvre ainsi sur un cocktail d'agrumes agrémenté d'une petite pointe d'une note dérivée du pamplemousse, acidulée et craquante. Les papilles pétillent, un peu comme si l'on croquait dans un pamplemousse bien juteux. Afin de maintenir la fraîcheur, un autre cocktail entre en jeu pour jouer le contrepoint : celui des muscs blancs. Par leur action et leurs propriétés différentes, certains contribuent à booster les agrumes, d'autres appuient le fond du parfum de manière à ce que la fraîcheur du départ soit un peu comme prisonnière d'une boule de muscs proprets. Ainsi, sans être un miracle de ténacité, le parfum trouve un équilibre rare, la note de départ s'atténuant lentement et de manière très linéaire.

Je n'oserais pas le comparer à l'Eau d'Hadrien, ou encore à Mon Numéro 9, pour le contraste notes fusantes et fraîches qui tiennent, car comme il joue dans un registre plus moderne, il me parait moins subtil. Il serait plus proche dans l'esprit de ce qui se fait chez Hermes avec l'Eau de pamplemousse rose et Un Jardin sur le Nil. La Cologne Mugler (sur la sellette parait-il ???) peut aussi être évoquée. Un joli parfum, à porter si l'on a juste envie d'un coup de frais au moral. Une bonne gorgée du pamplemousse acidulé et musqué de Palermo vous redonne le sourire, pour une bonne partie de la journée, que l'on soit homme ou femme. Profitez-en, c'est enfin l'été !

Illustration : un morceau de plastique rigolo dans un pamplemousse bien frais et Palermo de ByRedo.

lundi 15 août 2011

Le 14 SEPTEMBRE 2011 : SAVE THE DATE !

Si vous n'êtes pas occupés, pris, accaparés par votre travail, en vacances à l'autre bout du monde, invités chez des amis, à une compétition de sport, et surtout, si vous aimez le parfum, réservez votre soirée le MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011.

Comme l'an dernier, Juliette de PoivreBleu, Sophie de Mybluehour, Sixtine d'Ambregris et moi -même d'Olfactorum organisons une soirée des lecteurs N°2 en partenariat avec les Ateliers Mugler.

Dans les locaux face à l'Opéra de Paris, nous vous invitons à participer à une soirée "histoires vintage", où nous vous ferons découvrir une douzaine de parfums dans une formulation qui n'existe plus de nos jours. Nous souhaitons ainsi mettre en avant le savoir faire et le soin apporté dans le choix des matières premières utilisées à une époque pas si lointaine. Une occasion aussi de se rendre compte que parfois, cette "matière" s'est diluée dans certains parfums cultes. Cette soirée sera soulignée par la présence d'une personnalité reconnue dans le monde du parfum, qui apportera son regard, son expérience et pourra répondre à vos questions.

Vous n'avez rien à faire pour le moment. Intéressés ? Bloquez simplement la date dès maintenant de votre coté ! Pas la peine de nous contacter pour l'instant, les modalités d'inscription et les détails de la soirée vous seront communiqués le 1er Septembre sur nos blogs respectifs. Soyez vigilants !

Au plaisir de vous recevoir !

Méchant Loup.


samedi 30 juillet 2011

Revue de rentrée : petit avant goût.

Encore un mois et le marché de la parfumerie va s'enrichir de son lot de nouveautés attendues. Le hasard des rencontres et de mes promenades olfactives m'ayant permis cette année d'en découvrir quatre avant leur diffusion en boutique, j'en profite pour vous livrer un petit avant goût avant qu'ils n'arrivent à la fin de ce mois d'Août pour les premiers !

Mon Parfum Chéri - Annick Goutal : il manquait à la marque un parfum de facture classique, très chic et sophistiqué mais moderne. Mon Parfum Chéri reprend discrètement la rose chyprée et l'iris comme trait d'union avec la famille des grands classiques de la marque et comme un hommage à Annick Goutal voulue par sa fille tout en jouant l'exercice des vrais-faux chypres modernes. Le départ est un surprenant accord d'iris-cacao presque ganache qui évolue vers un coeur de rose traitée en transparence et de patchouli terreux. Une pêche duveteuse et lactée prend le relais, soutenue par la note un peu grasse d'une vraie racine d'iris naturelle et par un accord qui remplace la mousse de chêne. Ainsi, quelque part entre Jubilation 25 de Amouage et 31 rue Cambon de Chanel, il y aura maintenant Mon Parfum Chéri d'Annick Goutal. J'ai beau essayer, même si j'aime de départ cacaoté et élégant de ce dernier né, cette école "moderne " des chyprés clairs ne réussit pas à m'émouvoir comme ont pu le faire les chypres anciens, bien plus riches, sombres et mystérieux que sont Mitsouko ou Femme.

Batucada - l'Artisan Parfumeur : caipirina, musique, danse et joie de vivre, tels sont les leitmotivs qui ont guidé la création de ce parfum. Un départ assez vif et très fidèle au cocktail ouvre le bal. Je n'ai pas envie d'entrer dans le détail des matières utilisées, mais j'ai vraiment le sentiment qu'elles ont été choisies avec le même soin que ce qui est fait chez l'Artisan habituellement. La volonté de créer un parfum gai et chantant est par contre parfaitement traduite, de même que la sensation d'une peau couverte d'huile bronzante à l'odeur de papaye, d'ananas, de noix de coco et de peau sortie de l'eau couverte de sable. Le sillage et le fond en font un parfum très agréable à porter, qui booste le moral et se fond avec la peau de manière étonnante pour un parfum qui reste frais. C'est vraiment du beau travail de la part de Karine Vinchon et Elisabeth Maier, comme une sorte d'Aqua di Gio "à la l'Artisan", pour se rendre compte qu'il n'y a rien de tel que beaucoup de belles matières naturelles.

Kokorico - Jean Paul Gaultier : tout le monde l'attend, le veut, l'envie et le désire déjà. Vous serez forcement amenés à porter un jugement. Deux options se présenteront alors : vous aimerez ou vous n'aimerez pas du tout, mais il ne laissera pas indifférent. Sur ce terrain, c'est déjà gagner, et la communication décalée chic et très Gaultier saura vous le faire désirer. On parlait de chocolat, de figue, je m'attendais à tout, et particulièrement à quelque chose proche de A Men mais il n'en est rien. Comme cela était évoqué par Octavian et Denyse de 1000 fragrance et Graindemusc, Firmenich travaille selon le principe de l'olfactive Design, et il semble bien que cela se dévoile dans un parfum comme Kokorico. Le parfum s'ouvre sur une surprenante note de lait de figue, très douce ainsi que sur une note que je perçois comme étant un accord "madeleine beurrée" issu sans doute de l'olfactive design et déjà exploitée par So Oud dans un de leur parfum récent. Ce duo est très original et oscille à mesure que l'on porte le parfum, la figue prenant régulièrement le relais de la madeleine. Le fond, boisé, parait très brutal et viril sur touche, car il contient une bonne dose de "bois ambrés" qui sont aussi des spécialités Firmenich, mais il sait se tenir juste comme il faut sur peau en jouant avec le moka, la madeleine et le lait de figue, comme savait le faire un autre Olivier Cresp comme Black XS, avec ma peau en tout cas mais pas sur d'autres il est vrai. Une belle surprise, juste "borderline" comme il faut entre du mainstream efficace et de la "niche", et très agréable au porté.

Juniper Sling - Penhaligon's : j'adore la baie de genièvre, mais c'est une note difficile à travailler et qui plus est contient des facettes que je préfère ne pas développer car ce serait indécent. Une chose est sûre, c'est une note qui "fonctionne" à merveille avec certaines peaux, mais qui donne un parfum soit merveilleux et subtil, soit franchement importable. Ainsi, Juniper Sling ne pardonne pas. Soit votre peau lisse les notes un peu "cracra" de la baie de genièvre en dévoilant les facettes cocktail et alcool de ce parfum, soit elle fait ressortir cette baie de manière violente et là, il serait un peu "délicat" de sortir parfumé de la sorte. Passer le cap, et si ce parfum s'accommode à vous, vous serez habillés d'un sillage limpide, scintillant et légèrement métallique qui fait penser aux alcools de poire ou de prune, où ambrette, ambretolide, poire et note alcooliques se conjuguent à la manière d'un N° 18 de Chanel. Une cologne moderne, originale et mixte qui inaugure la collaboration entre Penhaligon's et Olivier Cresp, et qui a aussi le mérite d'ouvrir d'autres territoires moins classiques à la marque.

Voila pour ce bref tour, mais il y en a d'autres que j'ai hâte de connaitre : Candy de Prada, N°19 Poudré de Chanel (il paraitrait qu'il est à la hauteur), Le Fou 21 et la Tempérance 14 de D&G, l'Eau d'Ikar de Sisley (pour homme), Balenciaga l'Essence.

Illustrations : Annick Goutal, L'Artisan Parfumeur, Jean Paul Gaultier, Penhaligon's.

samedi 23 juillet 2011

Randonnée champêtre.

Tout commence en 1936 avec les congés payés. Nous ne nous en rendons pas forcement compte aujourd'hui, mais se dire que nous pouvons partir quelques semaines nous aérer la tête est une chance que tout le monde n'a pas. Pour célébrer cet évènement et suivant ainsi le courant de l'époque, Jean Patou imagine Vacances, la même année. Sans le savoir, il créer un parfum intemporel. Vacances, de part ses notes, sa signature et son style habillé de fleurs des champs, de tilleul, de "miel de violette" et de mimosa, fait penser à une balade champêtre dans une campagne que les français découvrent à l'époque. S'il est senti à l'aveugle, on le prendrait presque pour un "Giacobetti", comme un vraie claque qui vous fait remonter le temps. Que diriez vous de quelques fleurs de campagne pour une balade parfumée par ce temps pas très chaud ?

Le lilas : Olivia Giacobetti semble aimer les promenades à la campagne et surtout, elle semble avoir été marquée par Vacances. J'ai comme l'impression que En Passant et l'Eté en Douce en sont les descendants directs, l'un étant plus tilleul/lilas, l'autre plus "blé/musc". Comme pour en passant, la balade dans les champs continue...

Même si ce n'est pas un chef d'oeuvre de belle matières riches et complexes, Pur Désir de Lilas de Yves Rocher est le soliflore Lilas le plus réussit du moment. Il nous projette dans un jardin, sous le lilas ou la glycine par un beau soir d'été... "vous prendrez bien un petit verre ?"

Les fleurs des champs : par la suite, c'est Jean Paul Guerlain qui à la fin des années 90 nous livre son interprétation très impressionniste de la balade dans les champs. Quand vient l'été sent le blé, les coquelicots, les herbes sèches et les fleurs des champs, il y met tout ce qu'il aime et l'on y retrouve le tilleul, le mimosa, le lilas, le muguet, une pointe de giroflée, et la note herbacée de la fève tonka et du foin. Pour moi, c'est un de ses plus beaux parfums (si je peux dire), qui me projette dans le tableau de Monet ci-dessus.

Le mimosa : Annick Goutal n'est pas en reste. Cette année, Isabelle Doyen et Camille Goutal nous proposent un coeur de mimosa sur un chemin de Côte d'Azur. La facette très poudrée du mimosa et de l'un de ses principaux constituant qu'est l'héliotropine a été comme aérée par une bonne dose de salicylate de benzyle et par une note de poire juteuse. Comme pour Champs Elysées de Guerlain, les pompons jaunes de Le Mimosa semblent plus lumineux et le sillage très sensuel tout en restant "sur la note" irisée et douce du mimosa.


L'héliotrope : comment ne pas évoquer le joli parfum de Patricia de Nicolai qu'est Kiss Me Tender alors que l'on se promène à la campagne ? Sur un chemin, des héliotropes, que ce parfum très mignon reproduit très fidèlement. Héliotropine à la note de mimosa poudré, vanille, une toute petite touche de "pain beurré" et surtout un oeillet bien ficelé nous emporte dans les champs, loin d'un Paris agité. Très tendre par rapport à d'autres parfums à sillage, il vaut vraiment de prendre le temps de s'attarder sur ce beau paysage.

La violette : petite fleur emblématique de la campagne toulousaine, la violette a toujours été très présente dans les parfums, et ce qui frappe, c'est qu'ils ne sont pas tous féminins. Deux chefs de file que sont Fahrenheit et Grey Flanel la portent en vedette. Pour femme, se sont Insolence et Après l'Ondée qui en parlent le mieux, sans oublier le McQuenn, une violette sucrée. Pourtant, et c'est peut être parce qu'elle est un peu connotée "ancienne", la violette n'a jamais vraiment été travaillée en soliflore, si ce n'est l'inusable Violette Berdoue. Pour dépoussiérer un peu le genre, l'interprétation de l'Artisan Parfumeur apporte à cette violette une certaine noblesse : le parfum de la violette est affiné d'une note de feuille de violette, plus verte que la fleur et d'un effet un peu "glacée", par une facette douce un peu "grenadine" et par un lit de mimosa et d'iris qui lui confèrent une facette cuirée très douce. Hormis les toutes première notes très violette, ce parfum n'est ni féminin ni masculin (le "vert" et le cuir aidant) et redonne ainsi à la violette son statut de fleur universelle.

Voilà, en attendant que le soleil remontre le bout de son nez et remonte un peu notre moral de citadins, je vous souhaite une agréable balade à travers champs...

Illustrations : Les Coquelicots de Monet - Jean Patou, Frédéric Malle, Yves Rocher, Guerlain, Annick Goutal, Nicolai, L'Artisan Parfumeur.